Neuchâtel: Pour des protections menstruelles gratuites à l’école et en ville
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NeuchâtelPour des protections menstruelles gratuites à l’école et en ville

Des élus interviennent au Parlement cantonal et en ville de Neuchâtel pour lutter contre la précarité menstruelle.

Les deux élues veulent aussi promouvoir les protections durables, comme la cup menstruelle.

Les deux élues veulent aussi promouvoir les protections durables, comme la cup menstruelle.

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Deux interventions parlementaires pour lutter contre la précarité menstruelle ont été déposées vendredi au plan cantonal et communal à Neuchâtel. Près de 500 millions de femmes dans le monde n’ont pas les ressources nécessaires pour gérer leurs menstruations. La Suisse n’est pas épargnée par ce phénomène, relèvent les deux coprésidentes des Jeunes Verts de Neuchâtel dans un communiqué.

Au Grand Conseil, un postulat a été déposé par 29 députés de plusieurs partis emmenés par la Verte Sera Pantillon. Ces élus demandent au Conseil d’État d’étudier la possibilité de mettre à disposition gratuitement des protections hygiéniques de tous types dans les écoles. Il faudrait donc non seulement proposer des serviettes ou des tampons, mais aussi des protections hygiéniques réutilisables, de type cup, culotte de règles, serviettes lavables, etc. ainsi qu’une sensibilisation à l’utilisation desdits produits. Sera Pantillon rappelle que «malgré le caractère extrêmement banal des menstruations, de nombreuses filles et femmes ne viennent pas à l’école ou la quittent pour cause de règles».

Bien de première nécessité

Au Conseil général de la Ville de Neuchâtel, Cloé Dutoit a déposé une motion visant l’étude de moyens pour lutter contre la précarité menstruelle, notamment en mettant à disposition gratuitement des protections périodiques dans les toilettes des établissements scolaires et les bâtiments de la commune accessibles au public. De plus, la motion demande au Conseil communal d’entreprendre une campagne de communication sur le projet, et plus généralement sur la précarité menstruelle.

Cloé Dutoit note qu’«il est temps de considérer les protections périodiques comme un bien de première nécessité, ceci au même titre que le savon ou le papier toilette fournis dans toutes les toilettes publiques». Elle rappelle également que les protections périodiques devraient répondre à certains critères, dont celui d’être en coton biologique ou tout du moins certifié, ceci afin de garantir un certain contrôle sanitaire pour les utilisatrices, de même qu’une notion de durabilité dans la démarche.

Phase test chez les vaudois

Si la commune bernoise de Tavannes a décidé de mettre à disposition des protections périodiques à ses élèves, les cantons du Valais et celui de Berne ont refusé des demandes similaires.

Au début du mois, le Grand Conseil vaudois a accepté un postulat demandant l’installation de distributeurs de protections dans les écoles et les bâtiments de l’État. Mais avant, afin d’analyser les multiples obstacles pouvant être rencontrés, notamment en termes de logistique, le Conseil d’État a prévu de commencer par une phase pilote, en équipant uniquement certains lieux de formation.

À Genève, les élus du Grand Saconnex ont accepté récemment une proposition visant à mettre gratuitement des protections à disposition dans les écoles et les locaux de l’administration communale. Mais un projet similaire a été refusé à Plan-les-Ouates. Au niveau cantonal, une proposition déposée en 2019 par plusieurs élus a été rejetée l’an dernier en commission, qui l’a jugée «infantilisant et paternaliste» pour les femmes. Elle n’a toujours pas été traitée par le Grand Conseil, regrette l’une des motionnaires, la socialiste Helena Verissimo de Freitas.

(gma)

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