Actualisé 14.10.2012 à 17:14

Francophonie

Pour des sanctions dans la crise en RDC

Lors de sa clôture, le Sommet de la Francophonie a demandé des mesures contre les violences commises en République démocratique du Congo.

Le Sommet de la Francophonie se déroulera au Sénégal en 2014.

Le Sommet de la Francophonie se déroulera au Sénégal en 2014.

La Francophonie a demandé dimanche «des sanctions ciblées» contre les auteurs de violences dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), en clôture de son 14e sommet à Kinshasa. Ses dirigeants se retrouveront au Sénégal, qui a été préféré au Vietnam, en 2014.

Les dirigeants francophones ont adopté plusieurs résolutions, notamment sur la crise au Mali et la RDC: ils ont appelé le Conseil de sécurité des Nations unies à «adopter des sanctions ciblées contre tous les responsables des exactions commises» dans l'Est de la RDC.

La résolution a fait l'objet de deux «réserves» de la part du Rwanda. Kigali refuserait un appel à «des sanctions ciblées» contre les responsables des exactions commises dans l'Est, selon des sources françaises.

Le Rwanda rejetterait également l'appel de la Francophonie à «poursuivre en justice» les auteurs de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité dans le pays, tel le chef rebelle Bosco Ntaganda, recherché depuis 2006 par la Cour pénale internationale.

Critiques de Hollande

Chaque mot de la résolution consacrée au conflit au Nord-Kivu a été pesé, alors qu'un groupe d'experts de l'ONU a récemment mis en cause le soutien du Rwanda aux rebelles dans l'Est. Ce que Kigali dément.

Le président français François Hollande a eu samedi à Kinshasa un entretien qualifié de «franc et direct» avec le président de RDC Joseph Kabila. Il a multiplié ces jours-ci les déclarations sur l'insuffisance de démocratie dans le pays, après les nombreuses fraudes constatées aux élections de 2011, et sur la situation «tout à fait inacceptable» des droits de l'homme.

Le président congolais a répliqué dimanche après-midi en affirmant que la RDC «est fière de la démocratie exercée dans ce pays. La RDC n'est pas du tout complexée par le niveau de démocratie, de liberté, de la situation des droits de l'homme».

Représentant la Suisse, le conseiller fédéral Ueli Maurer a transmis samedi la présidence du sommet à la RDC. M. Maurer a rappelé les efforts de la Suisse pour «renforcer la place de la Francophonie» sur la scène internationale depuis le Sommet de Montreux en 2010.

Didier Burkhalter «satisfait» avec une réserve

Le vice-président du Conseil fédéral a cependant souligné que plusieurs «chantiers» restaient ouverts, tels que le soutien aux pays en crise, le développement durable ou encore le renforcement des «structures démocratiques et judiciaires» de certains pays membres.

Le conseiller fédéral Didier Burkhalter, en visite officielle en Egypte, s'est dit satisfait de la résolution adoptée à l'issue du sommet de la Francophonie à Kinshasa qu'il juge «positive» même si «elle n'est pas très précise».

Lors de la Conférence ministérielle de la Francophonie jeudi, à Kinshasa, le chef de la diplomatie helvétique avait déjà regretté que le texte adopté dimanche, ne soit «pas toujours aussi ferme, précis et volontariste que nous l'aurions souhaité».

Sur le nord du Mali, contrôlé depuis six mois par les islamistes d'Al-Qaïda au Maghreb islamique et d'autres groupes armés, la Francophonie a salué l'adoption vendredi par l'ONU d'une résolution préparant le déploiement d'une force internationale, donnant 45 jours aux pays ouest-africains pour préciser leurs plans.

Appel à une intervention au Mali

Elle a aussi appelé à la négociation avec toutes les parties maliennes «à l'exclusion des mouvements terroristes» qui occupent le nord du pays, tout en demandant à l'Union africaine et à l'ONU de répondre favorablement à la demande de Bamako pour une intervention.

Dimanche, la Francophonie a adopté en fin de matinée sa «déclaration de Kinshasa» résumant, en une multitude de points, les engagements des 56 pays membres et 20 observateurs.

Des résolutions - non contraignantes - ont été adoptées notamment sur la bonne gouvernance dans les industries extractives et forestières ainsi que le renforcement de la lutte contre la piraterie maritime dans le golfe de Guinée.

Les dirigeants africains ont enfin une nouvelle fois réclamé «l'indispensable réforme du Conseil de sécurité» afin d'y «donner aux pays africains toute leur place»

(ats/afp)

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