Etude: Pour la majorité des Suisses, la sécurité passe avant la liberté

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ÉtudePour la majorité des Suisses, la sécurité passe avant la liberté

L’étude Sécurité 2022, de l’Académie militaire et du Center for Security Studies, montre qu’en janvier 2022 la population se sentait en sûreté et avait confiance dans les institutions.

La majorité de la population suisse approuve la nécessité de l’armée (photo d’illustration).

La majorité de la population suisse approuve la nécessité de l’armée (photo d’illustration).

20min/Sébastien Anex

En janvier 2022, soit avant le début de la guerre en Ukraine, 57% des Suisses estimaient que «la sécurité prime sur la liberté (+1 point pourcentage par rapport à 2018) et la portion des personnes qui pensaient le contraire avait enregistré une baisse significative (45%, –9 PP)». Tel est un des résultats de l’étude Sécurité 2022 de l’Académie militaire (ACAMIL) et le Center for Security Studies (CSS), rattachés tous deux à l’EPF de Zurich, annonce ce mardi le Groupement de la défense.

S’appuyant sur une enquête représentative (voir encadré), l’étude s’est également intéressée au degré de confiance que les Suisses accordent aux institutions. Les personnes sondées ont été invitées à classer diverses institutions selon une échelle allant de 1 (= aucune confiance) à 10 (= confiance totale). Les résultats sont les suivants:

  • La police (7,9)

  • La science (7,8)

  • Les tribunaux (7,6)

  • Le Conseil fédéral (7,3)

  • L’économie (7)

  • Le Parlement (6,8)

  • L’armée (6,7)

  • Les partis politiques (5,5)

  • Les médias (5,4)

En janvier 2022, 94% des personnes interrogées assuraient éprouver un sentiment général de sécurité, et cela «même si l’inquiétude quant à l’évolution de la situation politique mondiale se faisait toujours sentir (68%)», note le Groupement de la défense.

Attachés à la neutralité

Parmi les autres résultats présentés dans l’étude, le Groupement de la défense révèle que «la population suisse reste quasi unanimement attachée au principe de la neutralité (97%) et est toujours peu encline à l’ouverture en matière de politique extérieure».

Alors que les Suisses approuvent la médiation accrue des conflits (75%), l’aide au développement (66%) et la coopération économique avec l’Union européenne (83%), ils rejettent l’adhésion à l’Union européenne (16%) ou à l’OTAN (26%).

Une armée «très bien formée»

Enfin, le Groupement de la défense note que la majorité de la population approuve la nécessité de l’armée (79%) et le système de milice (60%). Au début de l’année, les sondés étaient, de plus, particulièrement favorables à une armée «très bien formée» (88%) et «entièrement équipée» (70%).

La guerre en Ukraine ayant éclaté le 24 février, l’ACAMIL et le CSS ont, depuis, organisé un sondage supplémentaire pour «déterminer l’impact de cet événement sur l’état d’esprit de la population». Réalisée du 30 mai au 17 juin dernier, l’enquête représentative a été menée auprès d’un millier de personnes. Les résultats seront présentés dans le courant de l’été.

Réalisation de l’enquête

Dans son communiqué de presse, le Groupement de la défense explique que «l’institut de sondage LINK a recueilli les données auprès d’un échantillon représentatif de personnes entre le 4 et le 20 janvier 2022». Pendant cette période, 1217 citoyens de toute la Suisse ont été interrogés. «Avec un niveau de fiabilité de 95%, l’erreur d’échantillonnage est de ±2,9% dans le pire des cas», précise encore le Groupement.

(comm/aze)

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