19.12.2019 à 00:02

Santé

Pour la première fois, moins d'hommes fument

En Suisse comme dans le monde, le nombre d'hommes qui consomment du tabac va baisser pour la première fois en 2020.

Le directeur général de l'OMS estime que c'est «un tournant dans la lutte contre le tabagisme».

Le directeur général de l'OMS estime que c'est «un tournant dans la lutte contre le tabagisme».

Keystone

Le nombre d'hommes qui consomment du tabac va diminuer en 2020 pour la première fois, selon l'OMS. Il va reculer aussi en Suisse. Depuis près de 20 ans, le total des fumeurs a baissé grâce aux femmes d'environ 60 millions, de 1,39 à 1,34 milliard de personnes.

«La baisse de la consommation chez les hommes constitue un tournant dans la lutte contre le tabagisme», affirme le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) Tedros Adhanom Ghebreyesus. Elle est liée «à l'attitude plus ferme des gouvernements face à l'industrie du tabac», ajoute-t-il, alors même que la Suisse est régulièrement ciblée par des acteurs pour une politique plus conciliante envers ces acteurs.

Plus d'un milliard de fumeurs masculins

Selon le rapport de l'OMS publié jeudi, les consommatrices ont largement diminué dans le monde, de 346 millions, il y a près de 20 ans, à moins de 250 millions en 2018. En revanche, les hommes, qui constituent plus de 80% des consommateurs, ont été 40 millions de plus à utiliser des produits du tabac, passant de 1,05 à 1,09 milliard. Or, ils seront plus d'un million de moins en 2020 et en recul de cinq millions d'ici 2025 pour atteindre 1,087 milliard.

Les estimations laissent penser à une diminution de 10 millions du nombre total pour les deux sexes par rapport à 2018 et une nouvelle baisse de 27 millions d'ici à 2025, où il ne devrait pas dépasser 1,3 milliard. Le rapport ne prend toutefois pas en compte les cigarettes électroniques sur lesquelles l'OMS va se prononcer en février.

Pour la Suisse, selon l'OMS, le taux de prévalence de consommateurs de tabac devrait passer de 23,1% en 2018 à un peu moins de 23% en 2020. Et à un peu plus de 21,5% en 2025. Il reculera de 26,1% à 25,6% en 2020 chez les hommes et d'un peu plus de 20% à 20% chez les femmes.

Recul dans de nombreux pays

Depuis 2010, le tabagisme recule dans quelque 60% des États. «Les pays peuvent protéger le bien-être de leurs ressortissants» en lançant des dispositifs, affirme le directeur de la promotion de la santé à l'OMS Ruediger Krech. Pour autant, l'objectif de réduire de 30% le tabagisme d'ici à 2025 ne serait pas atteint malgré ses avancées.

Au total, au rythme actuel, la diminution ne devrait s'établir qu'à 23%. Seuls 32 pays peuvent franchir le seuil des 30% de baisse. Chaque année, le tabagisme provoque plus de 8 millions de décès. Par région, les taux les plus élevés en 2018 étaient observés dans une partie de l'Asie.

Mais ils devraient baisser. Le Pacifique occidental et l'Europe sont les zones où le recul est le plus lent. De plus en plus de pays dans le monde appliquent des dispositifs comme des taxes ou l'interdiction de communication publique sur le tabac.

Mais «nous ne pouvons pas être satisfaits avec ce recul lent alors que plus d'un milliard de personnes consomment encore du tabac», a expliqué devant la presse Ruediger Krech. La baisse prévue chez les hommes «peut être renforcée» et contribuer à accélérer les efforts vers l'objectif de 2025, ajoute de son côté le chef de la lutte antitabac à l'OMS, Vinayak Prasad. Il veut une extension des actions nationales. (nxp/ats)

(NewsXpress)
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