Paris: «Pour le ciné, je suis une sous-comédienne»
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Paris«Pour le ciné, je suis une sous-comédienne»

La chaîne AB1 consacre sa soirée au phénomène de la série «Premiers baisers» et ses dérivées avec Hélène Rollès.

par
Serge Bressan
La comédienne de 46 ans ne regrette pas d'avoir dit oui pour «Les mystères de l'amour».

La comédienne de 46 ans ne regrette pas d'avoir dit oui pour «Les mystères de l'amour».

Entre «Hélène et les garçons», ou encore «Le miracle de l'amour», la comédienne et ses acolytes sont restés fidèles à leurs personnages, quitte à ce que ça leur ferme d'autres portes, notamment celles du cinéma.

Vous tournez actuellement la saison 4 des «Mystères de l'amour». Il vous arrive de regarder des épisodes de «Premiers baisers» et de vous interroger sur l'évolution de vos personnages?

Ça fait plaisir quand j'y pense. Mais, moi à 46 ans, je ne suis pas une téléspectatrice très assidue. Je ne me regarde pratiquement jamais, et ce depuis toujours. J'ai fait les scènes, la série, c'est fait, je n'ai pas envie de me voir. Parce que, très franchement, j'ai tant d'autres choses à faire!

On pourrait percevoir une pincée de regret dans votre voix. Pourtant quand on vous a appelée pour «Les Mystères de l'amour, vous n'avez pas dit non».

Mais je savais qu'il y aurait toujours autant de plaisir à travailler ensemble. On est comme une famille. On s'est quittés, on s'est perdus de vue pendant quelque temps mais quand on s'est retrouvés, ça a été comme si on s'était quittés la veille. Oui, on est une famille et tant pis si ça en agace certains! Vraiment, c'est toujours une joie quand on se retrouve.

Vous avez véritablement commencé dans la carrière artistique comme chanteuse puis connu le succès comme comédienne.

Et aujourd'hui encore, je suis chanteuse et comédienne. D'ailleurs, je ne me pose jamais la question, je ne me demande jamais si je suis plus chanteuse que comédienne ou le contraire. En fait, ça n'a rien à voir. Quand je chante, je suis seule sur scène alors que, pour la série télé, il y a une équipe. Tourner pour une série, c'est plus un job. Et, croyez-moi, le plaisir est différent. Il y a toujours le trac en chantant, mais il y a aussi au final la récompense qui, elle, est à la hauteur de ce trac!

Depuis une vingtaine d'années, il n'a pas disparu, ce trac?

Bien au contraire! Il est là et bien là. De plus en plus là. Les fans ne comprennent pas. Quand on en parle, ils me disent: «On est là pour toi, tu n'as rien à craindre». Mais voilà, quand on monte sur scène, on a envie de bien faire.

En janvier 2012, vous aviez proposé un concert à Paris, dans la salle mythique de l'Olympia

C'était plein. J'y ai ressenti, ce jour-là, un plaisir immense. Et cette année, je suis en tournée à travers la France. Il y aura aussi en juin prochain une série de quatre show-cases en Chine. Eh oui, je suis très connue en Chine! Aller à la rencontre des Français qui habitent là-bas, mais aussi des Chinois dont, m'assure-t-on, bon nombre ont appris le français avec mes chansons. On est en train de voir également pour y retourner en 2014, et là, ce sera pour une grande tournée!

C'est soudain la folie des grandeurs qui vous saisit!

Pas du tout! Moi, j'ai chanté au Palais-omnisports de Paris-Bercy, la plus grande salle de spectacle en France avec ses 17'000 spectateurs. J'ai fait aussi l'Olympia… N'empêche! je n'ai jamais pété un plomb. Parce que je sais qui je suis. Et que je trouve tout ce qui m'arrive bien agréable… J'ai vécu des choses formidables mais, croyez-moi, j'ai toujours les pieds sur terre. Alors, depuis quelque temps, je chante volontairement dans de petites salles et en acoustique, seule avec ma guitare. Ainsi, je me sens tellement plus proche du public.

En 1993, un journal britannique, The Sunday Times, vous présentait comme «the new Brigitte Bardot». La nouvelle Brigitte Bardot

A l'époque, ça m'avait flattée mais dans le même temps, je trouvais ça assez rigolo. Moi, la nouvelle Brigitte Bardot, moi Hélène qui tournais dans une série… Mais j'avais tellement de détachement par rapport à tout ce qui se passait alors. Un détachement que j'ai encore aujourd'hui. Bon, c'est vrai aussi que vous allez me faire remarquer que «Les Mystères de l'amour», même si nous sommes en tournage de la saison 4, n'a pas le même succès ni le même impact sur la société qu'ont pu avoir «Hélène et les garçons» ou «Premiers baisers».

Justement, comment se passe le tournage des «Mystères de l'amour»? Vous et vos ami(e)s comédiens avez une vingtaine d'années de plus qu'au temps d'«Hélène». Alors, la production accepte-t-elle le dialogue avec vous?

Quand nous tournions «Hélène et les garçons», «Premiers baisers» ou encore «Le Miracle de l'amour», nombreux étaient ceux qui nous critiquaient. Qui disaient que nous n'étions pas comédiens professionnels, parce que, moi par exemple, je travaillais au service «courrier» dans le groupe AB avant de jouer dans les séries. Aujourd'hui, tous que nous sommes, nous avons notre vie, connaissons notre parcours et personnel et professionnel. Alors, on vient sur Les «Mystères de l'amour» avec un état d'esprit différent à celui que nous pouvions avoir il y a une vingtaine d'années. Dans cette série, il y a les six personnages récurrents que l'on connaît depuis décembre 1991 avec «Premiers baisers». On est très unis, on discute beaucoup avec le producteur Jean-Luc Azoulay. Le patron, c'est toujours lui mais chacun d'entre nous lui a précisé ses limites. A ce jour, il en a toujours tenu compte.

Vous qui avez tourné dans deux films, en 1979 dans «Le mouton noir» de Jean-Pierre Moscardo et en 2000 dans «Exit» d'Olivier Mégaton, vous pensez encore au cinéma?

Depuis ces deux films, il n'y a plus rien! Parce que, très vite, j'ai été cataloguée «comédienne AB», ce qui, dans le microcosme du cinéma français, veut dire «sous-comédienne», «sous-merde»... D'ailleurs, le monde du cinéma ne m'aime pas et je sais que tous les comédiens d'«Hèlène» et les garçons, au ciné, on est blacklisté. Qu'importe! je vis au jour le jour, ça laisse la place aux surprises et, ainsi, tout peut arriver…

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