Mobilité: Pour le PLR Vaud, prendre son vélo dans les transports devrait être gratuit
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MobilitéPour le PLR Vaud, prendre son vélo dans les transports devrait être gratuit

Le parti veut favoriser les pendulaires aux deux-roues en cessant de les taxer quand ils emportent leur bicyclette dans les trains et les bus.

par
Yannick Weber
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Le vélo s’est trouvé un allié inattendu. Alors qu’il a souvent été plutôt parmi les réfractaires aux créations de pistes cyclables en ville au détriment des voitures, c’est le PLR qui, aujourd’hui, propose une mesure pour favoriser l’utilisation de ces deux-roues écolos, et ce via un coup de pouce financier. Un postulat est déposé ce mardi au Grand Conseil et des textes similaires le seront dans plusieurs communes du canton pour étudier la possibilité de rendre le transport des vélos gratuit dans les trains et les bus. À l’heure actuelle, par exemple, un abonnement général CFF annuel pour un vélo coûte 240 francs.

D’abord au niveau local

Mais pourquoi se borner au niveau du canton de Vaud et ne pas intervenir directement à Berne? «Les pendulaires voyagent principalement à l’intérieur des communautés tarifaires comme Mobilis, raison pour laquelle nous proposons cela aux niveaux cantonal et communal d’abord», explique Henri Klunge, conseiller communal à Lausanne. Mais l’objectif, poursuit-il, serait de démarrer un mouvement pour qu’il aboutisse finalement au niveau fédéral.

Hasard du calendrier ou non, l’EPFL a sorti ce même mardi une étude sur la multimodalité des transports (l’utilisation de plusieurs moyens de transport pour un trajet). Et si la voiture, le train et la marche tiennent toujours largement le haut du pavé, les chercheurs voient un grand potentiel d’amélioration pour le vélo, à condition de pouvoir offrir des aménagements favorables pour les pendulaires.

Une tendance à la hausse

Les CFF confirment observer une tendance, accentuée depuis le début de la pandémie, même s’ils ne distinguent pas l’utilisation pendulaire à celle de loisirs. «Nous notons une forte augmentation des transports de vélos. En juillet 2020, les CFF ont vendu environ 80’000 cartes journalières pour vélo, soit 40% de plus qu’en juillet 2019. Les CFF en ont transporté jusqu’à 15’000 les jours de forte affluence», note le porte-parole Frédéric Revaz.

Les CFF cherchent à améliorer l’offre en termes de place, notamment. «Par exemple, le nouveau train duplex de Bombardier, qui effectuera la majeure partie des liaisons sur la ligne IC1 dès décembre, offre 20 places de vélos, contre 9 pour les trains duplex habituels», ajoute-t-il.

Bon, mais insuffisant

C’est justement là aussi que réside une partie du problème, selon l’Association transports et environnement (ATE). «La gratuité des vélos dans les transports publics est une idée intéressante, mais à elle seule, elle ne pourra pas changer grand-chose», note Romain Pilloud, secrétaire général de sa section vaudoise.

«Il faudrait ancrer cette gratuité dans un tout, avec un gros effort au niveau des infrastructures, c’est-à-dire non seulement la place dans les trains, mais aussi la création ou l’agrandissement des vélostations. On peut aussi souhaiter un engagement des entreprises qui pourraient par exemple prendre en charge les coûts de déplacement à vélo de leur personnel», ajoute-t-il.

Pro Vélo favorable

L’association Pro Vélo, elle, se déclare en faveur de cette gratuité. «Cela serait tout à fait favorable pour les déplacements à vélo, en particulier dans des villes très en pente, où il peut être parfois agréable de remonter en transports publics», déclare Valérie Sauter, cheffe de projet Infrastructure et mobilité combinée.

Comme l’ATE, Pro Vélo émet aussi le souhait d’un développement des infrastructures et l’abandon de certaines embûches administratives. «Dans les trains régionaux, le chargement des vélos se passe plutôt bien. C’est une autre histoire lorsqu’on parle des trains grande ligne, en particulier des ICN et des FV-Dosto. Là les espaces pour les vélos ne sont pas du tout adaptés et la réservation obligatoire dans les ICN est très défavorable au transport des vélos», ajoute Valérie Sauter.

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