Football - Pour le retour de la sérénité, Xamax a mené son plus rude combat
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FootballPour le retour de la sérénité, Xamax a mené son plus rude combat

C’est bon. Cette fois, la série négative est derrière. Neuchâtel est parvenu à sortir vainqueur d’une dure bataille contre Kriens (0-1) samedi. Contre lui-même surtout.

par
Florian Vaney
(Kriens)
Louis Mafouta au moment d’adresser le tir qui a débouché sur le seul but du match.

Louis Mafouta au moment d’adresser le tir qui a débouché sur le seul but du match.

Marc Schumacher/freshfocus

Selfies, tapes dans le dos, étreintes affectueuses: Liridon Berisha n’est pas loin d’être une star à Kriens. En deux ans et demi, le défenseur central avait largement eu le temps de laisser une belle empreinte tout près de Lucerne. Alors, lorsque vous additionnez à ce statut l’enjeu du Kriens-Xamax de samedi, vous obtenez le début de match du Zurichois de Xamax. Soit un stress visible dans tout ce qu’il avait à faire. «Après leurs deux premières occasions, sur lesquelles je suis coupable, je me suis dit: Put*** Liri, oh ! Tu ne peux pas traverser nonante minutes comme ça», a volontiers reconnu l’arrière neuchâtelois. Et tout s’est amélioré, même si le front de son collègue défensif Igor Djuric gardera un amer souvenir (et une jolie marque rouge) de ses approximations. En l’occurrence, un malheureux duel aérien entre coéquipiers…

Le cas Liridon Berisha n’a rien d’unique. C’est tout Xamax qui s’est mis en mode combat pour ce qui s’est très vite apparenté à un match de la peur. Il y avait là un aveu des Rouge et Noir: celui d’accepter que tout ne va pas bien (malgré leurs onze points d’avance sur la 10e place) et que, oui, perdre face à ce Kriens en souffrance avait le pouvoir de faire renaître le spectre de la saison dernière. Alors Neuchâtel s’est appliqué à ne pas perdre plus que tout autre chose. Et il a accompli la seule mission qu’il s’était fixée.

Il y a toujours une part de déception à voir une équipe qu’on a connue en feu se contenter du minimum syndical d’ambitions. Pour cette fois, les Xamaxiens peuvent faire valoir les circonstances atténuantes. Ils seront jugés lors du derby face à Yverdon vendredi prochain. Mais samedi, il fallait juste se sortir d’un mauvais pas, d’une mauvaise série, de ce triste synthétique du Kleinfeld où produire du jeu se veut toujours infiniment plus compliqué que balancer.

Alors balancer, Neuchâtel ne s’est pas gêné de le faire. Au fond, le plan de la première période était plutôt clair. D’abord, laisser la possession à une équipe en peine. Ensuite, chercher la profondeur à la récupération (où Nicky Beloko s’est avéré très précieux). C’est ainsi qu’est tombé le seul but du match. Une ouverture côté droit de Yanis Lahiouel, une conclusion chirurgicale de Louis Mafouta: qu’est-ce que le buteur centrafricain peut être fort dans cette position quand il veut. Quoi qu’il en soit, Xamax avait trouvé son salut (32e).

Le regret qui ne date pas d’aujourd’hui, c’est que la troupe d’Andrea Binotto peine à présenter un visage unique et homogène sur une heure et demie. On l’a parfois vu lorsque les Neuchâtelois éprouvent le besoin de souffler à la suite d’un pressing intense. Il y a le Neuchâtel qui presse, qui menace et qui se place en position de ramener des points. Puis se présente l’autre face, vulnérable et presque inoffensive. Samedi, il y a eu le Neuchâtel qui savait se trouver dans le dos et la défense adverse. Puis celui qui n’a plus réussi qu’à se dégager, un peu en panique.

Alors oui, c’est après une seconde période où cette même panique a souvent pris le dessus que les trois points sont tombés comme un immense soulagement. Douce récompense pour des semaines d’inquiétudes. Si le retour d’Alexandre Pasche dans le onze de base est étranger à ce résultat? Le raccourci serait facile. Mais une heure de jeu plutôt convaincante est à mettre au compte du milieu de terrain.

De ce combat doit en tout cas découler le retour de la sérénité à la Maladière. Avec Kriens bien loin, à quatorze longueurs, Xamax n’a plus à regarder derrière. L’occasion d’arrêter de parler de pression et de se concentrer sur le terrain. Là où se trouve, donc, un Neuchâtel Xamax au potentiel certain mais à l’identité encore mal définie. Les voies à explorer sont multiples. Rendez-vous vendredi à la Maladière.

Kriens - Neuchâtel Xamax 0-1 (0-1)

Kleinfeld, 950 spectateurs. Arbitre: Anojen Kanagasingam.

But: 32e Mafouta 0-1

Kriens: Neuenschwander; Urtic, Isufi, Goelzer, Busset (46e Costa); Lang, Bürgisser (46e Mistrafovic), Selasi, Djorkaeff (46e Mulaj); Sessolo (55e Aliu); Marleku (71e Avdijaj). Entraîneur: René van Eck.

Xamax: Guivarch; Ouattara, Djuric (68e Epitaux), Berisha, Tavares; Veloso (77e Saiz), Pasche (68e Hammerich), Beloko; Lahiouel (88e Gomes), Mafouta, Haile-Selassie (88e Gonçalves). Entraîneur: Andrea Binotto.

Avertissements: Pasche (9e, jeu dur), Lang (14e, jeu dur), Tavares (28e, jeu dur), Ouattara (76e, jeu dur), Epitaux (82e, antijeu), Hammerich (92e, altercation), Aliu (92e, altercation), Urtic (94e, jeu dur).

Expulsion: Mulaj (87e, jeu dur).

Wil vainqueur de Vaduz

Le FC Wil s'est rendu au Liechtenstein avec des ambitions. Les St-Gallois se sont imposés sur le score de 2 à 1. Serkan Izmirlioglu s'illustrait en premier bien servi par Lukembila (45e).

Simone Rapp a ensuite fait parler son expérience pour remettre les joueurs de Vaduz dans la rencontre (1-1, 49e). Valon Fazliu, encore une fois servi par Lukembila, scellait le score de la rencontre (2-1).

Vaduz reste pour le moment à sa 2e place, mais cette victoire de Wil continue de resserrer le classement de Challenge League. Deux points séparent la 9e place de la 5e.

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