Covid-19 – Pour les experts, les quarantaines sont devenues inutiles
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Covid-19Pour les experts, les quarantaines sont devenues inutiles

Avec le variant Omicron, le citoyen dans la rue est devenu, statistiquement parlant, aussi contagieux que celui qui reste chez lui car il est cas contact.

Si autant de personnes sont contaminées, il vaut mieux partir du principe que tout le monde peut être positif, estiment les experts qui prônent dès lors l’abandon des tests de masse.

Si autant de personnes sont contaminées, il vaut mieux partir du principe que tout le monde peut être positif, estiment les experts qui prônent dès lors l’abandon des tests de masse.

Tamedia / Urs Jaudas

Alors que les cantons doivent donner leur réponse ce lundi à la consultation lancée mercredi par le Conseil fédéral (lire l’encadré), les experts doutent désormais de l’utilité de la quarantaine et des tests de masse pour freiner la propagation du variant Omicron. En effet, comme une grande partie de la population devrait être contaminée d’ici à une dizaine de jours, le citoyen lambda dans la rue est devenu, statistiquement parlant, aussi contagieux que celui qui reste chez lui en raison d’une infection chez l’un de ses proches.

«Actuellement, en comptant les cas non déclarés, nous avons entre 50’000 et 100’000 cas par jour. On peut se demander si quelqu’un qui est en quarantaine car il est un cas contact représente encore un risque plus important que d’autres qui se déplacent librement dans la société», explique Jürg Utzinger, directeur de l’Institut Tropical et de Santé Publique Suisse dans 20 Minuten. Selon lui, il s’agit maintenant de reconsidérer les coûts et les bénéfices de la quarantaine.

Réduire les quarantaines

Pour lui, mieux vaudrait réduire, voire supprimer temporairement la quarantaine et les tests généralisés jusqu’à ce que le nombre de cas redescende à un niveau bien plus bas. Et une fois celui-ci revenu à un seuil moins élevé, il faudrait alors à nouveau dépister les gens de manière systématique et pratiquer à nouveau les isolements et quarantaines afin d’éviter que le nombre de cas flambe à nouveau.

Pour Jürg Utzinger, il faut désormais à ce stade établir des priorités en réservant les tests PCR aux personnes symptomatiques ou à celles qui travaillent dans des secteurs exposés, comme les soins ou dans les magasins. «Là où c’est nécessaire, nous devons suspendre temporairement les tests de masse dans les écoles afin de ne pas surcharger les laboratoires».

Philipp Walter, président de l’Union suisse pour la médecine de laboratoire, abonde: «Il faut se demander à quel point le dépistage a encore un sens», estime-t-il. «Tester ne guérit pas. Et si tant de personnes sont contaminées, il vaut mieux partir du principe que tout le monde peut être positif».

«Une phase de transition»

Son collègue Daniel Speiser, immunologue et professeur émérite à l’Université de Lausanne, partage en partie son avis. «Nous sommes dans une phase de transition», estime-t-il. Pour lui aussi, la quarantaine n’apporte pas grand-chose. Mais il estime que le dépistage reste important. «Même si les résultats des tests PCR arrivent avec du retard, ils ont quand même pour effet de freiner les contaminations», estime-t-il. En outre, il rappelle que les autotests, même moins sensibles, gardent leur utilité et permettent de s’isoler rapidement en cas de symptômes.

Daniel Speiser veut croire aussi qu’Omicron permettra de sortir de la crise. Ce variant ne devrait pas être supplanté rapidement par un autre, estime-t-il. «Il a un tel succès qu’il est difficile de le battre», ironise-t-il. Jürg Utzinger abonde: «nous connaîtrons très bientôt le point culminant de cette vague et le nombre de cas diminuera ensuite aussi vite qu’il a augmenté».

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(cht)

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