12.10.2020 à 08:22

Suisse romande«Pour mon employeur, je suis une vieille chaussette»

Une femme de 37 ans, opérée pour un kyste ovarien, a d’abord été licenciée pendant son arrêt maladie, puis réintégrée. Mais depuis fin avril, elle n’a pas été payée par l’employeur.

de
Abdoulaye Penda Ndiaye
Une femme de 37 ans en arrêt maladie se trouve dans une situation professionnelle très floue.

Une femme de 37 ans en arrêt maladie se trouve dans une situation professionnelle très floue.

Getty Images/iStockphoto

Julie* a subi une intervention chirurgicale en février à cause d’un kyste ovarien. La trentenaire, active dans la pub, n’est pas allée au bout de ses trois semaines d’arrêt maladie. «Malgré quatre incisions dans le ventre, j’ai repris le travail plus tôt que prévu, au bout de deux semaines. Mais, à mon retour, je ne pouvais plus me connecter au système: mes accès avaient été désactivés. Mon supérieur est venu me voir pour me notifier mon licenciement avec effet immédiat. Il m’a dit: ton absence nous a mis dans la m… Prends tes affaires et pars.»

«Je suis tombée en dépression»

Julie tombe des nues mais n’abdique pas: elle refuse le licenciement, car elle sait que ce procédé est illégal en cas d’arrêt maladie. Mais en mars, Julie est réintégrée par sa boîte. «Traitée comme une vieille chaussette qu’on jette et qu’on reprend malgré mes 14 années d’ancienneté, au gré des subventions versées par les autorités en raison de la pandémie, je suis tombée en dépression», explique-t-elle.

Ni chômage ni aide sociale

Depuis la fin du mois d’avril, l’employeur n’a plus versé de salaire à la femme en arrêt maladie et les deux parties ne communiquent plus que par avocats interposés. Désormais sans le sou, Julie n’a droit ni au chômage ni à l’aide sociale. Elle n’arrive plus à payer son défenseur. «Le patron joue la montre car le temps joue contre moi. Mais je ne me laisserai pas faire», soutient la trentenaire.

Le boss: «Je fais comme je veux»

Contacté par «20 minutes», le directeur de l’entreprise de pub s’est montré très hautain. Après des allusions salaces sur la vie privée de sa collaboratrice, il a été invité à se prononcer sur les faits reprochés. «Si vous n’avez pas compris que je dis et je fais comme je veux, c’est que vous êtes bouché. Écrivez une seule ligne et je dépose plainte. Ensuite, je viens vous trouver», a-t-il menacé avant de raccrocher. Lui aussi collaborateur de la boîte, le père de l’employée s’est offusqué du traitement réservé à sa fille. Il vient de recevoir une lettre de licenciement.

Une offre de 23’000 francs

Selon nos renseignements, l’employeur a reçu plusieurs mises en demeure de la part de l’avocat de Julie. Finalement, la boîte de pub a proposé de régler l’affaire à l’amiable avec «un montant de 23’000 francs pour solde de tout compte». La femme, qui réclamait presque le double de cette somme, a rejeté l’offre. L’entreprise, elle, souligne qu’en raison de ses capacités financières limitées, tout autre montant supérieur la mettrait en péril.

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477 commentaires
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Tartempion

13.10.2020 à 08:56

Dans ces cas là, pour cette employée, une attaque sans pitié vaudra bien mieux qu'une solution négociée avec bonté!

Yodlo

12.10.2020 à 12:20

Eh ben moi j’ai envie de dire merci et bravo même si on peut mieux faire mais quand même bravo fier et fort un grand hop hop

oeil de moscou

12.10.2020 à 12:19

Et bien nous, c'est caméras et logiciel espion. Au vu des remarques on en est sûr à 99% Merveilleux non?