Stratégie énergétique 2050Pour ou contre: quatre questions essentielles
Deux figures de la campagne expliquent leur position sur les questions de base que soulève la votation du 21 mai prochain.
- par
- Pauline Rumpf

Adèle Thorens (Les Verts) et Céline Amaudruz (UDC) répondent à quatre questions essentielles soulevées par la votation.
Adèle Thorens, Conseillère nationale Les Verts dans le canton de Vaud, fait partie des nombreux co-présidents du comité «Stratégie énergétique OUI». Face à elle, Céline Amaudruz, Conseillère nationale UDC à Genève, fait partie du comité interparti «Loi énergie non». Elles répondent toutes deux à nos quatre questions.
De quoi sera fait le courant électrique qui passera dans nos prises?
Adèle Thorens: «Il comprendra de plus en plus de courant écologique et local, surtout du solaire, mais aussi de la biomasse et de l'éolien. Nos barrages seront soutenus et ne seront donc pas vendus à des acteurs étrangers. Ils pourront optimiser leur production.»
Céline Amaudruz: «Avec cette réforme, nous abandonnons le mix énergétique actuel, stable et abordable pour faire la part belle à l'éolien et au solaire, qui n'assurent pourtant pas une production en permanence. Cela pose une grave question de sécurité de l'approvisionnement.»
Combien la stratégie énergétique 2050 va-t-elle me coûter?
A.T.: «La loi implique une hausse de la facture électrique de 40 fr. par an et par famille, pour soutenir les renouvelables. Les autres chiffres sont faux : ils se rapportent à des mesures refusées par le parlement, sur lesquelles nous ne votons pas le 21 mai.»
C.A.: «Les 40 fr. articulés sont une chimère. Les frais nécessaires pour assainir les bâtiments, changer de voiture, de mode de production dans les entreprises etc. vont faire exploser cette facture. Il est malhonnête de dire au citoyen que cette révolution ne coutera pas cher.»
Quel impact la nouvelle loi aura-t-elle sur ma consommation d'énergie?
C.A.:«Les restrictions vont être une réalité. Réduire sa consommation de 43%, avec un approvisionnement incertain selon les conditions et donc un réseau plus instable va obliger les citoyens à s'habituer à plus de risques de black-out. Tout cela en payant plus cher…»
A.T.: «La loi encourage l'efficience grâce aux nouvelles technologies : les voitures et les appareils électriques seront plus économes, les maisons seront mieux isolées. Avec un meilleur confort et des économies à la clé pour les ménages et les entreprises.»
Quel impact la nouvelle loi aura-t-elle pour le pays?
C.A.: «La mise en péril de la sécurité de l'approvisionnement va dissuader les entreprises d'investir en Suisse par manque de stabilité. Mais surtout, les ménages et la classe moyenne vont subir la hausse des charges, des loyers, etc. tout en perdant en confort.»
A.T.: «Nous serons moins dépendants de l'étranger pour notre approvisionnement en énergie, et la transition progressive du nucléaire aux renouvelables créera de nombreux emplois locaux. L'innovation et l'efficience rendront nos entreprises plus compétitives.»