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Vevey (VD)Pour ouvrir un cabinet, le docteur invente un diplôme

Un médecin avait une attestation de formation bidon. Il a été condamné pour faux dans les titres.

par
Christian Humbert

Carlos, médecin espagnol diplômé d'une université sud-américaine, était salarié d'un hôpital vaudois. Mais pour s'installer en cabinet privé, la présentation d'un postgrade fédéral ou d'un titre de spécialisation est obligatoire.

N'ayant ni l'un ni l'autre, le quadragénaire a créé le document dont il avait besoin. Tout avait pourtant bien commencé. A son arrivée en Suisse en 2010, son diplôme lui a permis de travailler en milieu hospitalier. Cela s'est gâté lorsque Carlos a voulu reprendre un cabinet médical dans les Alpes vaudoises.

La procédure avait démarré en janvier 2012 et l'Office fédéral de la santé publique lui avait réclamé un titre FMH. Le toubib avait alors fait modifier par un tiers une copie de la reconnaissance de son diplôme de médecin par les autorités ibériques. Sur un certificat daté d'avril 2012, prétendument émis par le Ministère espagnol de l'éducation, il avait fait ajouter la mention «pour l'exercice de la médecine gé­nérale».

Il s'attribuait ainsi une formation postgrade qu'il n'a pas. Pas de chance: la récipiendaire de cette copie modifiée avait procédé à des vérifications auprès des autorités espagnoles.

Le médecin a été dénoncé au Ministère public vaudois, qui a rendu une ordonnance pénale en décembre. Le praticien a écopé de 90 jours-­amende à 45 fr. pour faux dans les titres. Il doit aussi s'acquitter de 1000 francs de frais. Mais dès le début de l'affaire, trouvant la procédure ­injuste, le toubib avait quitté la Suisse. Il aurait pourtant pu continuer d'exercer en milieu hospitalier.

Chiffres absents, cas pas rares

La problématique des praticiens qui exercent en médecine générale sans en avoir le titre est connue à Berne. Mais ni l'Office fédéral de la santé publique ni la Fédération des ­médecins suisses n'ont pu ­articuler de chiffres. Seuls les cantons ont la compétence pour récolter ces données.

Mais le cas de Vevey est loin d’être rare. «Un type intervenait en chirurgie jusqu’au jour où il a été démasqué car il avait de faux papiers», témoigne un toubib vaudois

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