Environnement: Pour plus de transparence sur les nanomatériaux
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EnvironnementPour plus de transparence sur les nanomatériaux

Les «particules naines» permettent de fabriquer des matériaux solides et légers. Mais ils ne sont pas sans danger.

Certaines crèmes solaires contiennent des nanomatériaux nocifs pour l'environnement.

Certaines crèmes solaires contiennent des nanomatériaux nocifs pour l'environnement.

Les nanomatériaux permettent de réduire la consommation d'énergie, mais comportent aussi des risques pour la santé et l'environnement, selon TA-SWISS. Le centre d'évaluation des choix technologiques demande des études sur leurs effets à long terme, un meilleur étiquetage des biens de consommation et une harmonisation du droit suisse.

Les «particules naines» permettent de fabriquer des matériaux très légers mais néanmoins solides, note le Centre d'évaluation des choix technologiques (TA-SWISS) dans une étude publiée jeudi. Grâce à de tels constituants, des véhicules consomment moins de carburant. Dans le bâtiment, il est possible d'économiser des matériaux et de réduire la consommation d'énergie.

Les nanomatériaux sont donc extrêmement intéressants pour l'économie, ont souligné les responsables de TA-SWISS devant les médias à Berne. Leur taux de croissance pourrait atteindre jusqu'à 15% par an ces prochaines années.

Comme de l'amiante

Mais cette technique présente aussi des risques. Les particules de carbone peuvent provoquer des inflammations dans les poumons si elles sont inhalées. C'est par exemple le cas lorsque les nanotubes de carbone composant des pneus sont libérés dans l'air en raison des frottements. Ces structures présentent une similitude externe avec les fibres d'amiante.

Concernant l'environnement, il arrive que le dioxyde de titane, utilisé dans certaines crèmes solaires, aboutisse dans les eaux usées. Des puces d'eau sont mortes après en avoir absorbé des particules et des métaux lourds fixés à ces dernières se sont accumulés dans des poissons.

De même, le nano-argent incorporé par exemple aux habits de sport pour prévenir les mauvaises odeurs est toxique pour les organismes aquatiques. Le problème se présente lorsque ces vêtements sont lavés.

Plusieurs recommandations

Selon TA-SWISS, on ignore encore beaucoup sur ces «particules naines». Des études sont nécessaires pour en savoir plus notamment sur les effets à long terme des nanomatériaux. Il faut aussi déterminer comment les empêcher de finir dans la nature et de quelle manière protéger les travailleurs.

L'étude, qui porte sur huit nanomatériaux produits ou élaborés en Suisse en grandes quantités, recommande aussi d'établir un registre des nanoproduits largement diffusés. Un étiquetage conséquent devrait aider les consommateurs à choisir en connaissance de cause.

Enfin, le droit suisse doit être harmonisé avec les dispositions en vigueur dans l'Union européenne (UE). Sur certains points, la Suisse devrait même aller plus loin. (ats)

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