Tensions: Pour Poutine, Cameron fait du chantage au Brexit
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TensionsPour Poutine, Cameron fait du chantage au Brexit

Alors que le FMI alertait vendredi l'Angleterre sur les dangers d'un Brexit, Moscou a livré sa vision du processus en cours.

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La Une du Evening Standard, journal londonien, après le résultat du vote. (Vendredi 24 juin 2016)

La Une du Evening Standard, journal londonien, après le résultat du vote. (Vendredi 24 juin 2016)

Reuters
Le ministre des affaires étrangères Didier Burkhalter a estimé vendredi qu'à court terme le Brexit changera peu de choses pour les relations de la Suisse avec l'Union européenne (UE). Les défis restent les mêmes, selon le conseiller fédéral. (Vendredi 24 juin 2016)

Le ministre des affaires étrangères Didier Burkhalter a estimé vendredi qu'à court terme le Brexit changera peu de choses pour les relations de la Suisse avec l'Union européenne (UE). Les défis restent les mêmes, selon le conseiller fédéral. (Vendredi 24 juin 2016)

Keystone
David Cameron a annoncé vendredi son intention de démissionner de ses fonctions de Premier ministre pour laisser à un autre le soin d'engager les négociations de sortie de l'Union européenne, après le vote des Britanniques pour un Brexit. (24 juin 2016)

David Cameron a annoncé vendredi son intention de démissionner de ses fonctions de Premier ministre pour laisser à un autre le soin d'engager les négociations de sortie de l'Union européenne, après le vote des Britanniques pour un Brexit. (24 juin 2016)

Reuters

Le premier ministre britannique David Cameron a organisé le référendum sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'Union européenne pour «faire chanter l'Europe», a suggéré vendredi le président russe Vladimir Poutine. Ou même «pour l'effrayer», a-t-il ajouté.

«Quel est le but (du référendum) si lui-même (David Cameron) est contre» une sortie du Royaume-Uni de l'UE, s'est interrogé le président russe lors d'une rencontre avec les représentants d'agences de presse à Saint-Pétersbourg.

«Ce n'est pas notre affaire. C'est l'affaire du peuple britannique. J'ai mon opinion sur le sujet, mais je ne veux pas m'exprimer à l'avance», a-t-il poursuivi. «Je pense que cela serait incorrect de ma part de faire cela».

Oui et non au coude à coude

Les Britanniques décideront le 23 juin s'ils quittent l'UE. Alors que la campagne pour le référendum restera suspendue samedi, deux jours après le meurtre de la députée pro-UE Jo Cox, les sondages donnent le oui et le non au coude à coude.

«Certains experts disent que le Brexit se fera au détriment de l'Europe. Mais d'autres disent que l'UE sera plus stable», a poursuivi le président russe en prenant l'exemple des «pêcheurs» anglais.

«Ils expliquent à quel point c'est dur de vivre avec ces restrictions sur la pêche. Mais il y a des avantages dans d'autres secteurs», a déclaré Vladimir Poutine. «Si vous pesez toutes ces choses, c'est très compliqué» de choisir, a-t-il encore ajouté.

Le FMI alerte

Poutine ajoutait à la cacophonie sur le sujet. En effet, vendredi également, le Fonds monétaire international (FMI) a indiqué qu'une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne aurait un impact «négatif et important» sur l'économie britannique. Au pire, elle pourrait tomber en récession l'année prochaine.

Les experts du FMI estime que la décision des Britanniques de sortir de l'UE entraînerait «une période prolongée d'incertitude qui pourrait peser sur la confiance et l'investissement et élever la volatilité des marchés financiers, les négociations sur de nouvelles conditions pouvant durer des années».

En cas de Brexit, le FMI dresse deux scénarios de conséquences: dans le premier cas, celui d'un un «scénario limité», la croissance du PIB de l'économie britannique ralentirait à 1,7% en cette année, puis 1,4% en 2017 au lieu de 1,9% et 2,2% actuellement prévus.

Hausse du chômage

Dans le scénario adverse, qualifié de «défavorable» - au cas où les négociations de sortie avec Bruxelles «ne se déroulent pas bien» - l'économie du Royaume-Uni tomberait en récession en 2017 à -0,8% avant de se redresser à 0,6% en 2018, affirment les experts du FMI.

Le taux de chômage, actuellement prévu à 5% cette année comme en 2017, remonterait à 5,3% en 2017 en cas de conséquences limitées. En cas de scénario défavorable, il culminerait à 6% en 2017 et 6,5% en 2018. L'inflation grimperait, toujours en cas de scénario adverse, à 4% en 2017 au lieu de 1,9% prévu.

Négatif à long terme

«L'effet à long terme sur la production et les revenus britanniques serait aussi probablement négatif et important, car de nouvelles barrières pèseraient sur le commerce, l'investissement et la productivité. De plus, les marchés pourraient précipiter l'arrivée de ces effets négatifs à moyen et long terme en réagissant de façon abrupte immédiatement après le vote», expliquent les experts du fonds.

A l'étranger, certains pays vont souffrir davantage que d'autres d'une éventuelle sortie de l'économie britannique de l'UE du fait de l'importance de leurs relations commerciales mutuelles. Parmi ceux-ci figurent l'Irlande, Malte, Chypre, les Pays-Bas et la Belgique ainsi que le Luxembourg pour ses liens financiers. «La France, l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne devraient être moins affectées que la moyenne de l'UE», ajoute le FMI.

Si les Britanniques votent pour rester dans l'UE, le FMI prévoit à l'inverse un certain rebond de la croissance. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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