Genève: Pour régulariser les domestiques illégaux

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GenèvePour régulariser les domestiques illégaux

Plus de 7000 employés de maison travaillent dans le canton de Genève sans autorisation de séjour. Plusieurs organisations ont dénoncé samedi leurs conditions de vie et de travail précaires.

Des employées de maison, notamment du Pérou et de Bolivie, ont témoigné à visage découvert, lors d'une conférence de presse, dans le cadre de la campagne nationale lancée le 13 mars à Berne «Aucune employée de maison n'est illégale».

Un «cercle de silence» a ensuite réuni une cinquantaine de personnes, derrière la banderole de la campagne, en face de l'Eglise du Sacré Coeur à l'initiative de l'Eglise protestante et de l'Eglise catholique genevoises. Une pétition à l'adresse du Conseil fédéral a été signée.

Pour 90%, ce sont des femmes, ont relevé les manifestants. Elles nettoient, repassent le linge, font la cuisine, s'occupent des enfants ou des personnes âgées et dépendantes. Il n'y a pas assez de Suissesses ou d'immigrées avec autorisation de séjour prêtes à travailler dans ce secteur.

Sans papiers et sans défense

«Les employeurs de ces femmes préfèrent les sans-papiers. Il n'y a pas besoin de payer les assurances, elles ne peuvent pas se défendre, sont plus disponibles», a affirmé Georges Deshusses, de l'Eglise protestante de Genève. Ce sont souvent des personnes amenées du pays d'origine par des étrangers ou naturalisés suisses travaillant à Genève.

Les employées de maison sans-papiers cumulent les heures dans différents ménages ou sont disponibles sept jours sur sept, logent sur leur lieu de travail et dépendent complètement de leur employeur. Elles n'ont pas d'assurances accident, maternité, chômage et vieillesse. Les risques d'exploitation, de harcèlement sexuel et de violence sont particulièrement grands.

La demande pour ce genre d'emplois augmente: activité professionnelle des deux parents, vieillissement démographique, réduction des services publics, absence d'une politique familiale, familles monoparentales, personnes isolées, autant de facteurs qui assurent des emplois à des domestiques sans autorisation de séjour, selon les organisations membres de la campagne.

Dans toute la Suisse, plus de 40'000 personnes seraient concernées. Les organisateurs ont invité la Suisse à ratifier le plus vite possible la Convention 189 adoptée en 2011 par le BIT sur le travail domestique. (ats)

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