Actions en Suisse: Grève des femmes: La mobilisation continue à Lausanne
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Actions en SuisseGrève des femmes: La mobilisation continue à Lausanne

Un an après la journée historique du 14 juin 2019, durant laquelle des centaines de milliers de femmes et d’hommes s’étaient mobilisés pour l’égalité, une nouvelle manifestation s’annonce. Covid oblige, elle doit être largement éparpillée.

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RMF/ATS

Le 14 juin est à nouveau synonyme de mobilisation féministe: un an après l’une des plus grandes mobilisations sociales de l’histoire suisse, le mouvement violet remet le couvert. La pandémie de coronavirus a toutefois mis un frein aux ardeurs des organisatrices, dont le slogan post-Covid a été remarqué: «pas de retour à la norme-mâle», en référence à l’appel de nombreuses organisations à un déconfinement allant dans le sens d’un monde plus écologique et solidaire. Les collectifs de militantes ont déjà été forcés d’annuler la plupart des rencontres prévues le 8 mars à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes.

Dimanche, la grève des femmes à Lausanne se poursuivait dès 11h00 avec le déroulement d’une immense banderole depuis le Grand-Pont. Et dès midi, des actions et des prises de parole collective étaient prévues avec des thématiques différentes dans trois endroits de la ville (voir vidéo ci-dessus).

Concert de casseroles à Lausanne

La manifestation aura donc lieu en de nombreux lieux répartis dans les plus grandes villes de Suisse, afin de respecter la limite des 300 personnes par groupe. A Lausanne, des actions sont planifiées sur le Grand-Pont, à Ouchy ou encore à La Sallaz, tandis qu’à Genève l’objectif est une occupation de l’espace public réparti dans les rues et à vélo, avant un rassemblement à Plainpalais; des rendez-vous ont aussi été donnés à Neuchâtel, Fribourg, Yverdon, La Chaux-de-Fonds, Vevey, Delémont, Sion et bien d’autres afin de revendiquer l’égalité des sexes sous tous ses aspects.

Quelques centaines de femmes ont lancé la grève samedi soir vers 23h30 au centre-ville de Lausanne. Plusieurs oratrices se sont succédé sur la place Saint-François, rebaptisée SaintE FrançoisE pour l'occasion. Un concert de casseroles a ensuite eu lieu. Une action «surprise» s'est déroulée au Musée cantonal des Beaux-Arts (MCBA), avec notamment des slogans projetés sur les façades du musée, pour relever «les discriminations racistes et sexistes toujours présentes dans les milieux culturels». Les escaliers de l’Eglise Saint-Laurent ont été peints en violet, mais la pluie a rapidement douché les couleurs, qui ne restaient visibles que sur les poubelles de la place dimanche matin.

Afro-descendantes en première ligne

Actualité oblige, un thème prédominant s’est invité cette année: celui de la double discrimination subie par les femmes racisées. Des collectifs de femmes afro-descendants se sont organisés et ont été mis en avant dans l’organisation du programme pour faire entendre les enjeux particuliers qui touchent les personnes à la fois victimes de sexisme et de racisme. Autre temps fort prévu, la chanson chorégraphiée «Un violador en tu camino» («un violeur sur ton chemin») créé par un collectif chilien sera scandée dans la plupart des villes. En outre, partout en Suisse aura lieu avec une action simultanée à 15h24, heure symbolique à partir de laquelle les femmes ne sont plus payées, en référence aux inégalités salariales. L'après-midi de grève dans la capitale vaudoise se terminera avec une «Purple critical mass» à vélo.

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