Actualisé 21.12.2018 à 17:49

Vaud

Pour tuer des sangliers, un paysan balance du poison

Dans une forêt de Corcelles-le-Jorat, de la mort-aux-rats a été retrouvée dans du maïs.

de
Xavier Fernandez
Il faut six à sept jours pour que la mort-aux-rats tue un sanglier. (Image d'illustration)

Il faut six à sept jours pour que la mort-aux-rats tue un sanglier. (Image d'illustration)

Eva-foreman

Trop, c'est trop. Excédé par les dégâts provoqués par des sangliers à ses cultures, un agriculteur a caché vendredi dernier de la mort-aux-rats dans un tas de maïs, et placé le tout dans une forêt de Corcelles-le-Jorat.

Lundi, un auxiliaire du garde-faune Christian Jaquet, responsable de la circonscription du Gros-de-Vaud, a découvert ce point de nourriture contaminée. Une enquête a été ouverte et, le soir même, le coupable a été retrouvé. «Je peux comprendre la colère, mais elle n'excuse en rien le geste. Il a donc été dénoncé au Ministère public», explique Christian Jaquet.

Une mort lente

En parallèle, les chasseurs de la région ont été avertis du danger. «Des sangliers sont passés par là. Mais nous ne savons pas combien, ni quelle quantité de poison ils ont ingérée ni où ils sont partis», poursuit le garde-faune. La mort-aux-rats reste dans le foie de l'animal entre six et sept jours avant de le tuer, il y a un risque que des humains consomment de la viande contaminée.

«Par précaution, nous avons déconseillé les tirs dans un périmètre d'une dizaine de kilomètres autour du village jusqu'à la fin de l'année.» De plus, d'autres animaux ont aussi pu tomber dans le piège. «Cela dit, nous n'avons retrouvé aucun cadavre pour l'instant», conclut Christian Jaquet.

Les dates ne collent pas

En outre, «notre chienne a été empoisonnée par de la mort-aux-rats à Corcelles-le-Jorat», déplore, sur Facebook, une jeune femme. Une autre internaute a fait le lien entre les deux affaires. «Mais la chienne est morte bien avant que le poison ne soit placé», indique Christian Jaquet. Le décès de Bella se serait en effet produit fin octobre. Toutefois, il n'est pas impossible qu'un autre point de nourriture empoisonnée ait été dissimulé ailleurs auparavant.

Forte prolifération

La population des sangliers ne cesse de s'agrandir, tant en Suisse que dans les pays voisins. Et les tirs de régulation ne suffisent souvent pas pour maîtriser cette prolifération. Dès lors, les dégâts aux cultures ou les accidents causés par cet animal se multiplient dans la même mesure. En une année, le taux d'accroissement d'une population est égal, voire parfois supérieur, à 200%, les femelles étant fertiles dès quatre mois et la reproduction ayant lieu à diverses périodes de l'année, indique le garde-faune.

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