Actualisé 02.10.2013 à 20:18

Berne

Pour un quota de musique suisse à la radio

Luc Barthassat (PDC/GE) vient de déposer une motion qui demande qu'un quart de toute la musique diffusée à la radio soit suisse. Une idée qui déplaît à certaines stations et aux labels.

de
David Maccabez/ofu
Le conseiller national genevois, Luc Barthassat, est convaincu qu'«il y a plein de Bastian Baker en Suisse.»

Le conseiller national genevois, Luc Barthassat, est convaincu qu'«il y a plein de Bastian Baker en Suisse.»

«On n'entend pas assez de musiciens suisses à la radio», affirme Luc Barthassat (PDC/GE). Selon l'élu, les radios devraient davantage soutenir les artistes helvétique. «Je suis convaincu qu'il y a plein de Bastian Baker en Suisse», estime le conseiller national, qui a déposé sa motion le 27 septembre.

Le Conseil fédéral est désormais chargé de présenter au Parlement une modification de la loi sur la radio et la télévision qui prévoit un quota de musique helvétique. Une disposition à l'image de ce qui existe en France depuis 1986, où la loi oblige les radios à diffuser 40% de musique Made in France. Luc Barthassat est soutenu par Manu Gehriger, le directeur de l'association suisse de musique et des médias: «Sans label connu, les musiciens suisses n'ont aucune chance. Il faut que ça change. Et passer à la radio peut être une aide inestimable»

Si le projet de motion ne peut que réjouir les musiciens locaux, Ralf Brachat, directeur de Warner Music Switzerland, n'est pas du même avis: «On ne peut pas imposer aux auditeurs des chansons qu'ils ne veulent pas entendre.» Daniel Büchi de Radio Energy est également contre l'introduction d'un quota de musique. «Ce serait une contrainte de plus pour un marché de droit privé.» Selon lui, il n'existe pas assez de musique suisse «diffusable».

Oui et non

Dans certaines radios privées romandes, l'analyse est à peu près la même. «Oui, il existe de bon groupes suisses et de bons groupes romands. Mais notre radio diffuse une quinzaine de disques par heure. Et la production helvétique actuelle ne nous permet pas d'assurer les 25% demandés», déclare Philippe Martin, directeur des programmes de Rouge FM.

Pour lui, imposer des quotas reviendrait à obliger le public à écouter des chansons qu'il ne souhaite pas forcément entendre. Ce qui comporte un risque commercial important. «On risque de perdre en qualité et de ne plus répondre à la demande. Si on perd des auditeurs, on perd des recettes publicitaires et la santé de notre station est menacée. C'est comme si on demandait à Paléo de programmer 40% de groupes suisses, la fréquentation en pâtirait.»

A la RTS, 1/5ème de la programmation est dédiée à la musique suisse. Et même si elle se rapproche de l'esprit de la proposition de Luc Barthassat, elle s'oppose à une politique de quotas rigides. «Ce qui me paraît primordial c'est la diversité des artistes suisses diffusés, la mise en avant des nouveaux talents et les heures de diffusion de ces artistes suisses. Facile d'atteindre 25% de diffusion de musique suisse en jouant un maximum d'artistes helvétiques la nuit entre minuit et 6 du matin!», explique Laurent Pavia, rédacteur en chef adjoint.

Concernant la pauvreté de la production nationale, le programmateur prend ses distances: «Il y a beaucoup d'artistes suisses de talent qui sont diffusables en radio, la preuve à la RTS ou nous diffusons en moyenne près de 20% de musique suisse sur nos radios. Dénicher des titres suisses radiophoniques demande des heures d'écoute de musique. Pour cela, Couleur 3 fonctionne avec 6 programmateurs passionnés.»

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