«Pour un Suisse, le plaisir de venir jouer ici est double»

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«Pour un Suisse, le plaisir de venir jouer ici est double»

Gotan Project était en concert hier soir au Miles Davis Hall. Rencontre avec le Suisse Christoph Müller, un des trois compositeurs du groupe.

– Comment Gotan Project a-t-il évolué, depuis sa première venue à Montreux, en 2002?

– Nous sommes moins liés à l'univers des clubs. Tous les morceaux du premier album pouvaient y être joués. Nous avons un côté plus live qu'avant. Et, sur «Lunático», nous avons aussi réalisé un vieux rêve, celui de faire jouer un quatuor de cordes.

– Le tango est-il une musique qui se prête particulièrement à être «électronisée»?

– Non, au contraire! Il est plus facile de travailler avec de la bossa nova, par exemple. Les musiques brésiliennes sont restées plus proches de leurs racines africaines, plus basiques. Le tango, au fil des siècles, est devenu complexe. Tout le travail de Gotan Project a été de l'épurer, d'en dégager l'essentiel.

– Le jazz influence-t-il la musique de Gotan Project?

– Oui, et cela se sent dans le dernier album, où l'on retrouve des rythmes ternaires et swing. Mais aussi dans la liberté d'improvisation que nous laissons à nos musiciens.

– Montreux vient entre Porto et Copenhague. Pas trop de choc des cultures?

– Etonnamment pas. C'est plutôt le type de salle qui change. Le Miles nous convient bien, de par son intimité et par le fait qu'il est adapté à nos visuels. A Copenhague, comme récemment à Vienne, nous avons la chance de jouer à l'opéra.

Propos recueillis par Cédric Alber

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