Gordon Brown: Pour une implication britannique en Afghanistan
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Gordon BrownPour une implication britannique en Afghanistan

Cherchant à convaincre une opinion publique plus en plus sceptique que sa sécurité dépend du conflit afghan, le Premier ministre britannique Gordon Brown a consacré la quasi-totalité de son discours annuel de politique étrangère lundi à une défense de l'engagement de Londres en Afghanistan.

«Cette coalition n'a pas l'intention de devenir une armée d'occupation», a-t-il ajouté. Il a proposé la tenue d'une conférence internationale sur l'Afghanistan à Londres en janvier 2010, afin notamment de mettre sur pied un «calendrier clair» de retrait et de transfert du contrôle de la sécurité aux Afghans débutant en 2010, avec un «cadre politique global dans lequel la stratégie militaire puisse s'inscrire».

Les trois-quarts des complots terroristes mis au jour en Grande-Bretagne ont leur origine en Afghanistan, a-t-il jugé, rappelant à ses auditeurs le souvenir des attentats du 7 juillet 2005 dans les transports en commun londoniens, qui ont traumatisé le pays et portaient la marque d'Al-Qaïda: «Je veux dire clairement que ce n'est qu'en nous opposant à la menace terroriste à sa source que nous pouvons défendre correctement nos côtes», a-t-il lancé.

Selon lui, les responsables du renseignement voient l'occasion d'infliger «des dégâts significatifs et durable à Al-Qaïda». «Méthodiquement et patiemment, nous sommes en train de désorganiser et paralyser la direction d'Al-Qaïda», a-t-il déclaré, expliquant que sept des principaux dirigeants du groupe terroriste avaient été tués depuis janvier 2008. «Nous ne devons pas permettre que ce processus s'inverse via un repli ou via l'irrésolution», a-t-il ajouté.

Son discours intervenait au jour de l'hommage funèbre de deux soldats tués en Afghanistan, et quelques heures après l'annonce d'un nouveau décès, qui porte à 97 le nombre d'hommes tués en Afghanistan, où la Grande-Bretagne a déployé le deuxième contingent derrière celui des Etats-Unis.

Et la controverse bat son plein, proches des soldats, députés et même membres du gouvernement travailliste jugeant que les soldats ont été envoyés au front sans suffisament d'équipement.

Gordon Brown n'a été applaudi qu'une seule fois au cours de son discours, lorsqu'il a salué le «courage et le professionnalisme de nos forces armées». (ap)

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