Médecine de famille: Pour une médecine de base en réseau
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Médecine de famillePour une médecine de base en réseau

Le Conseil fédéral a rendu sa copie concernant la médecine de famille.

Le Parlement va pouvoir se pencher sur l'avenir des médecins de premier recours. Le Conseil fédéral lui a transmis vendredi son contre-projet direct à l'initiative populaire «Oui à la médecine de famille». Après la pluie de critiques reçue en consultation, il a revu ses ambitions à la baisse.

Son texte s'éloigne encore plus des revendications des initiants. Plus question de légiférer sur le pilotage et la coordination des soins et de l'offre de formation. Cette compétence, prévue pourtant à titre subsidiaire seulement, avait été fustigée par les cantons qui ne souhaitent pas que Berne empiète sur leurs prérogatives.

Autre point clé de l'initiative, la revalorisation salariale des médecins de famille a disparu du projet gouvernemental. L'exécutif renvoie à la refonte des tarifs des prestations médicales (Tarmed).

Il soutient une initiative parlementaire l'habilitant à procéder à des adaptations si les partenaires tarifaires ne s'entendent pas. Le Département de l'intérieur refera aussi le point sur les tarifs des analyses.

Médecine de base

Malgré les critiques sur ce point en consultation, le contre- projet n'a pas changé d'orientation générale: il vise la médecine de base au lieu de se concentrer sur les médecins de famille comme l'initiative. Le Conseil fédéral veut inscrire la médecine de base dans un réseau coordonné et pluridisciplinaire pour assurer la couverture de base en soins médicaux.

Le gouvernement n'a pas l'ambition de répondre à toutes les attentes des initiants, car il estime certaines déjà remplies. Nul besoin d'une filière de formation postgrade spécifique à la médecine de famille. Des projets pilotes pour rapprocher ce cursus de la pratique ont été menés dans la plupart des cantons et presque tous ont introduit l'assistanat en cabinet médical, fait valoir le Conseil fédéral.

Formations universitaireS et formations postgrades ne doivent pas être définies en termes généraux dans la constitution. Les objectifs de ces cursus pour la médecine de base devraient être adaptés dans la loi sur les professions médicales.

Pas de pénurie

En réponse à une motion du Parlement, le Conseil fédéral constate qu'il n'y a pas de pénurie dans l'offre de soins médicaux de base pour l'instant. Faute de former elle-même assez de médecins, la Suisse est tributaire de l'immigration de médecins formés à l'étranger.

Pour assurer ses arrières, elle doit augmenter les capacités de formation mais il ne suffira pas de disposer de plus de personnel. Il faut également miser sur une efficience accrue, une meilleure coordination et un recours ciblé à d'autres professions de la santé comme les infirmiers et les pharmaciens.

(ap)

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