Schindler: Pour une obligation d'annonce en cas de rachat
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SchindlerPour une obligation d'annonce en cas de rachat

Le fabricant lucernois d'ascenseurs et de tapis roulants Schindler veut faire adopter une clause prévoyant l'obligation d'annonce en cas de prise de contrôle par une tierce partie.

Schindler prend des mesures afin d'éviter de se trouver confronté à une situation identique à celle de Sika.

Le fabricant lucernois d'ascenseurs et escaliers mécaniques propose à ses actionnaires d'adopter une clause dite «d'opting-in», laquelle obligerait le détenteur de 50% du capital-actions à présenter une offre publique d'achat (OPA) aux autres détenteurs de titres.

La modification des statuts sera soumise à l'approbation des propriétaires de Schindler lors de l'assemblée générale ordinaire du 11 août, a précisé vendredi le groupe établi à Ebikon et dont la holding est elle sise à Hergiswil (NW). La nouvelle règle doit permettre aux actionnaires de l'entreprise de choisir en toute transparence s'ils souhaitent apporter ou non leurs bons de participation à une éventuelle offre, explique-t-il.

Avec la clause, l'acquéreur des titres serait répertorié comme actionnaire de Schindler disposant d'un droit de vote à condition qu'il ait lancé volontairement une OPA. La nouvelle règle prévoit que le prix corresponde au minimum au cours du titre du groupe et à montant maximal inférieur de 10% au prix le plus élevé payé par l'acquéreur pour s'emparer des bons de participation au cours des douze mois précédant l'OPA.

L'abrogation de la nouvelle clause nécessite une majorité des deux tiers. Actuellement, les familles Bonnard et Schindler, liées par un contrat d'actionnaires, détiennent 42,4% des titres de Schindler et 70% des voix. Seuls les détenteurs d'actions peuvent assister à l'assemblée générale et voter.

Eviter un cas Sika

Dans le cadre du contrat d'actionnaires liant les familles Bonnard et Schindler, celles-ci bénéficient, à l'image de Sika, d'une clause dite «d'opting-out», laquelle est maintenue. Cette dernière les dispense de présenter une OPA aux autres actionnaires de Schindler dans le cas où un changement interviendrait dans le contrat liant les deux familles.

L'ajout au statut de la nouvelle clause intervient dans le contexte de la lutte opposant la direction de Sika à Saint-Gobain. Pour mémoire, le géant français des matériaux de construction avait conclu en décembre 2014 une transaction à 2,75 milliards de francs pour reprendre la participation que détient la holding Schenker Winkler (SWH) dans le fabricant zougois de spécialités chimiques.

La participation de SWH, qui représente les intérêts des familles héritières Burkard-Schenker, se monte à 16,1% du capital, mais représente 52,4% des droits de vote. La transaction permet théoriquement à Saint-Gobain de prendre le contrôle de la société sans avoir à lancer d'offre publique d'achat (OPA), SWH bénéficiant d'une clause «d'opting-out».

Les dirigeants de Sika contestent cette opération pour laquelle ils n'ont pas été consultés. Plusieurs actions en justice sont actuellement en cours, alors que les actionnaires de l'entreprise sont conviés le 24 juillet prochain à une assemblée générale extraordinaire convoquée à la demande de SWH.

Changements attendus

Selon les analystes consultés par l'agence financière awp, le changement de statut ne représente pas une surprise. Le fait que Schindler n'ait pas attendu la prochaine assemblée générale pour présenter la proposition de nouvelle clause laisse supposer des modifications dans le contrat liant les familles Bonnard et Schindler, note la Banque cantonale de Zurich.

Pour mémoire, le président du conseil d'administration du groupe, Alfred Schindler, a récemment affirmé travailler à la transmission des affaires de la quatrième à la cinquième génération. Du point de vue de Christian Arnold, analyste chez Vontobel, l'information diffusée vendredi représente une nouvelle étape vers l'introduction d'une action unique.

Employant plus de 54'000 collaborateurs dans le monde la multinationale de Suisse centrale figure au rang des principaux acteurs du marché mondial des ascenseurs et autres escaliers roulants, avec notamment l'américain Otis, l'allemand ThyssenKrupp ou encore le finlandais Kone. (ats)

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