Décryptage: Pourquoi le taux de mortalité dû au Covid-19 est-il si bas en Inde?
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DécryptagePourquoi le taux de mortalité dû au Covid-19 est-il si bas en Inde?

Deuxième pays dans le monde le plus touché par la pandémie, l’Inde affiche pourtant un nombre exceptionnellement bas de décès liés au coronavirus. Plusieurs éléments pourraient expliquer ce phénomène.

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L’Inde a enregistré 7,05 millions de cas et 108’334 morts de la maladie Covid-19 depuis le premier décès enregistré à la mi-mars.

L’Inde a enregistré 7,05 millions de cas et 108’334 morts de la maladie Covid-19 depuis le premier décès enregistré à la mi-mars.

AFP
Pourtant, elle compte le plus faible nombre de morts pour 100 cas confirmés, au sein des 20 pays les plus touchés.

Pourtant, elle compte le plus faible nombre de morts pour 100 cas confirmés, au sein des 20 pays les plus touchés.

Keystone
Ce taux exceptionnellement bas pourrait s’expliquer par la jeunesse de sa population…

Ce taux exceptionnellement bas pourrait s’expliquer par la jeunesse de sa population…

AFP

L’Inde, avec son 1,3 milliard d’habitants, a franchi dimanche le seuil des sept millions de cas de contamination au coronavirus. Elle est le deuxième pays au monde en nombre de cas derrière les Etats-Unis, mais compte pourtant moins de morts que d’autres pays très touchés.

Ce taux de mortalité particulièrement bas étonne les experts. Plusieurs hypothèses pourraient l’expliquer.

Contexte: quels sont les chiffres?

  • L’Inde a enregistré 7,05 millions de cas et 108’334 morts de la maladie Covid-19 depuis le premier décès enregistré mi-mars.
  • Deuxième pays le plus peuplé au monde, elle compte le plus faible nombre de morts pour 100 cas confirmés (ratio de létalité apparent) au sein des 20 pays les plus touchés, avec 1,5%, selon les données de l’Université Johns Hopkins.
  • Par comparaison, les Etats-Unis, deuxième pays en nombre de contaminations dans le monde, enregistrent un ratio de létalité apparent de 2,8%.
  • En termes de mortalité par rapport à la population, le nombre de morts du coronavirus en Inde pour 100 ‘000 personnes s’établit à 7,73, contre 64,74 aux Etats-Unis.

Une population plus jeune

L’Inde a une population jeune, avec un âge médian de 28,4 ans, selon le rapport de l’ONU sur la population mondiale. Par comparaison, l’âge médian en Suisse est de 42,5 ans. En France, dont la population est similaire sur ce point (42,3 ans), on compte près de 700’000 cas et plus de 32’000 décès, pour un ratio de létalité apparent de 4,7%.

Or, on sait que les personnes âgées sont plus exposées à décéder de la maladie infectieuse. D’autant qu’elles sont également plus susceptibles d’avoir des facteurs de comorbidité, comme le diabète ou l’hypertension.

Démarrage tardif, confinement strict

Selon le gouvernement indien, le premier cas a été détecté dans le pays le 30 janvier. La barre des 100 cas a été atteinte à la mi-mars, toujours selon les autorités locales. Au même moment, la pandémie se répandait déjà dans toute l’Europe, avec plus de 24’000 cas et quelque 2000 décès en Italie et environ 2700 cas confirmés en Suisse (15 mars).

Le Premier ministre Narendra Modi a décrété à partir du 25 mars un confinement national qui a fortement limité les déplacements. L’Inde a ainsi eu le temps, selon des experts, de se préparer à l’arrivée de la pandémie et les médecins de tirer les leçons d’expériences d’autres pays.

Fin juillet, le gouvernement confinait plus de 125 millions de personnes dans l’État défavorisé du Bihar, au nord-est du pays.

«Beaucoup des protocoles de soins étaient bien mieux stabilisés (à ce moment-là), qu’il s’agisse de l’utilisation d’oxygène ou de celle des soins intensifs», explique Anand Krishnan, professeur à l’All India Institute of Medical Sciences (AIIMS) de Delhi.

Immunité naturelle

Selon le virologue T. Jacob John et d’autres experts, il est possible que des maladies infectieuses antérieures comme la dengue, endémique en Inde, aient donné à la population un certain niveau d’anticorps pour se protéger du coronavirus.

D’autres estiment également plausible que l’exposition à d’autres coronavirus moins virulents ait donné à la population une certaine immunité croisée. Mais tous les experts s’accordent sur la nécessité de plus amples recherches sur la question.

Sous-évaluation

Tous les décès et toutes les causes des décès ne sont pas systématiquement répertoriées en Inde. Un problème d’autant plus important en régions rurales, où vit 70% de la population. Beaucoup de décès dans ces zones ne sont pas enregistrés sauf s’il y a eu hospitalisation.

Durant la pandémie, ce phénomène s’est accentué : dans plusieurs villes, les bilans fournis par les municipalités et ceux des cimetières et crématoriums ne collent pas. Des critiques accusent certains Etats d’avoir délibérément incriminé d’autres maladies pour des décès du Covid-19.

«Notre système de surveillance des décès (...) omet déjà de nombreux décès à la base. Un décès sur cinq seulement est enregistré avec une cause déterminée», explique Hemant Shewade, expert en santé publique à Bangalore. Selon lui, il est probable que de nombreux décès liés au Covid-19 n’aient pas été enregistrés: des études gouvernementales utilisant des tests sérologiques montrent que le nombre de personnes infectées est dix fois supérieur aux chiffres officiels, ce qui signifie que les morts de la maladie pourraient avoir été sous-déclarés, ajoute-t-il.

Plus de précision

Une plus grande précision des bilans est possible en augmentant les tests, en enregistrant mieux les décès et les autopsies de victimes présumées, selon les experts.

Suivre la surmortalité – le nombre de décès par rapport aux chiffres «normaux» – ainsi que les décès à domicile pourrait également être utile, pense M. Shewade.

À Bombay, ville indienne la plus frappée par la pandémie, la municipalité a ainsi découvert qu’en mars-juillet le nombre de décès a dépassé de 13’000 celui de l’année dernière à la même période, soit deux fois le nombre officiel de décès liés au coronavirus sur la période, selon le quotidien The Indian Express.

(AFP)

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362 commentaires
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Narcy Sic

13.10.2020, 20:50

Il faudrait peut-être manger très piquant. Je manque de souffle à chaque fois que je mange un plat hindous. Horribles!

Sensé

13.10.2020, 20:50

La vraie raison, c'est qu'ils ont 30 ans de retard sur les questions d'hygiène, ce qui fait que leur immunité naturelle est beaucoup plus élevée que la notre! Chez eux, seuls les élites ont accès tous les jours au savon et sont de ce fait plus vulnérables. Les autres se lavent en moyenne une fois par semaine et leurs enfants jouent dehors par tous les temps dans la poussière ou la boue! Quand donc comprendrez-vous que trop d'hygiène tue? Cessez d'exiger de vos mômes de ne rien toucher dehors et de se laver les mains toutes les trente secondes, car il n'y a rien de meilleur pour renforcer l'immunité naturelle que de se salir un peu et de ne se laver les mains que juste avant de passer à table! Vos masques, jetez-les car ils ne retiennent rien, la meilleure des preuves étant que depuis l'obligation de le porter la contamination explose!

Dr No

13.10.2020, 20:49

Sous évaluation et moins de systèmes d'air conditionné vicié par des concentrations de SARS-CoV-2. Comme en Afrique