06.11.2020 à 20:11

Pourquoi ne roulons-nous pas aux carburants synthétiques?

Les moteurs à combustion peuvent aussi fonctionner aux carburants synthétiques. Dave voudrait savoir pourquoi ces derniers sont à peine utilisés en Suisse.

von
Markus Peter
6.11.2020

Question de Dave à l’équipe d’experts de l’UPSA:

Les voitures électriques n’émettent pas de CO2 lorsqu’elles roulent. Mais il est également possible de se déplacer de manière pratiquement neutre pour le climat à bord de voitures classiques, à l’aide de carburants synthétiques. Pourquoi presque personne ne le fait?

Réponse de Markus Peter de l’UPSA:

Cher Dave,

Merci beaucoup pour votre question très intéressante. Il est tout à fait exact que des carburants synthétiques peuvent être utilisés pour faire tourner des moteurs à combustion. Certaines personnes le font déjà. En Suisse, l’essence est susceptible de contenir jusqu’à 5 % de biocarburant et le gazole jusqu’à 7 %, aucune indication particulière ne figurant sur les pompes à essence.

Jusqu’à il y a quelques années, des constructeurs tels que Saab, Volvo ou Ford fabriquaient aussi des véhicules roulant au bioéthanol pour le marché suisse. Ce bioéthanol était produit à partir de résidus agricoles et sylvicoles, si bien qu’il était climatiquement neutre. Les automobilistes qui misent sur le GNC et qui font le plein de biogaz en conséquence se déplacent donc, eux aussi, pratiquement sans émettre de CO2.

En réalité, il est possible de fabriquer de nombreux carburants de manière synthétique. La Suisse abrite déjà des installations produisant du méthane synthétique. De l’hydrogène est produit par électrolyse dans le cadre de ce procédé appelé Power-to-Gas. Lors d’une deuxième étape, cet hydrogène est converti en méthane, c’est-à-dire en gaz naturel synthétique, grâce à l’apport de dioxyde de carbone. Le procédé n’est toutefois climatiquement neutre que si l’électricité utilisée est renouvelable. Il s’agit là du cœur du problème: les émissions de CO2 ne dépendent pas véritablement de la technologie de propulsion. C’est l’origine de l’énergie utilisée qui est déterminante.

La fabrication de carburants synthétiques est une opération relativement onéreuse à l’heure actuelle. Les experts estiment toutefois qu’un litre de carburant entièrement renouvelable pourrait coûter environ 2,40 francs à la pompe d’ici 2050. Les carburants synthétiques sont par ailleurs particulièrement intéressants du point de vue de la politique climatique, car ils affectent non seulement les véhicules neufs, mais également l’ensemble du parc automobile. Grâce à eux, il serait possible de réduire en continu la teneur en CO2 dans le système de carburant et donc les émissions de CO2 dues à la circulation routière.

Bonne route!

L’UPSA est l’association des garagistes suisses. Quelque 4000 entreprises comptant 39’000 collaborateurs au total (dont 9000 jeunes en formation initiale et continue) veillent à ce que nous puissions circuler de manière fiable, sûre et écoefficiente. L’équipe d’experts qui répond à vos questions est composée de: Markus Aegerter (Commerce et Prestations), Olivier Maeder (Formation), Markus Peter (Technique et Environnement) et la juriste de l’UPSA, Olivia Solari (Droit).

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