CAROLE BETHUEL/NETFLIX
09.10.2020 à 12:00

Pourquoi n’y a-t-il pas de grosses dans «Emily in Paris»?

Une rédactrice de «Vogue» dénonce la grossophobie véhiculée par les séries américaines.

de
Emmanuel Coissy
9.10.2020

Depuis le 2 octobre, Netflix diffuse sa nouvelle série «Emily in Paris» dans laquelle Lily Collins, ayant le rôle-titre, campe une jeune Américaine évoluant dans le milieu parisien du marketing. Le fossé culturel entre les États-Unis et la France s’avère le principal ressort comique de cette intrigue mince comme le doigt. Mince comme le doigt… Cette expression aurait justement pu être utilisée par la journaliste américaine Emma Specter. Dans un article publié lundi sur le site de «Vogue», la rédactrice spécialiste des questions sociales et politiques se demande dans quelle mesure une telle fiction aurait pu exister si l’héroïne avait été grosse.

Son article ne consiste pas à poser une hypothèse gratuite. En fait, l’hypothèse lui permet de constater que la minceur demeure la norme dans les séries américaines. Pour étayer son propos, Emma Specter compare «Emily in Paris» à «Shrill» (vidéo ci-dessous), une fiction diffusée depuis fin 2019 sur Canal+ Séries. Celle-ci narre les aventures d’Annie, une jeune femme ronde, vivant à Portland, méjugée par son entourage à cause de son poids.

«Pour être claire, je ne critique pas la minceur de Lily Collins ni son charme conventionnel, écrit Emma Specter. Il n’y a rien de mal dans le fait de porter un crop-top. Il n’y a rien de mal non plus dans la façon dont elle est filmée même si nous sommes lassées d’être sans cesse assommées par la démonstration que seule la minceur mériterait de figurer dans une série. Ce qui est exaspérant, c’est de vivre dans une société où une émission telle que «Shrill» est une exception et «Emily in Paris» la norme.»

Emma Specter reconnaît, bien sûr, qu’il y a eu des personnages de femmes en surpoids dans certaines fictions grand public citant «Mike and Molly» et «This Is Us». Toutefois, elle estime qu’elles étaient systématiquement blanches, hétéros et qu’elles étaient la cible de moqueries notamment dans «How I Met Your Mother» et «Friends» quand Monica souffrait d’obésité.

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19 commentaires
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Dijon

11.10.2020 à 00:19

J’aime pas les gros(sses)...

Hollywood

10.10.2020 à 12:01

Le cinéma devrait faire rêver, Hollywood l'avait bien compris. Maintenant il faut légitimer toutes les horreurs et les déviances de l'espèce humaine

marre de cette dictature de tout

10.10.2020 à 11:59

Arrêtez de nous contraindre à penser comme vous. Marre de cette dictature de la bienpensance. Si ça continue on ne pourra regarder que des films de gros, colorés, LGBT sans parole de peur de léser les autres langues.