Selon l'INSEE: Poursuite de la récession au premier semestre
Actualisé

Selon l'INSEEPoursuite de la récession au premier semestre

La reprise n'est pas pour demain en France: l'INSEE table sur une poursuite de la récession au premier semestre 2009.

L'INSEE prévoit un recul de l'activité - de 1,5% au premier trimestre et de 0,6% au deuxième - conforme à celui de l'ensemble des économies avancées, selon la note de conjoncture rendue publique vendredi.

Ce scénario «sans grande originalité» ne concerne toutefois que le premier semestre 2009 et «ne porte aucune appréciation sur ce qui pourrait se produire au second», a tenu à préciser Eric Dubois, chef du département de la conjoncture à l'Institut national de la statistique et des études économiques, lors d'une conférence de presse.

Après un repli de la croissance mondiale plus prononcé que prévu au 4e trimestre 2008 (-1,2% en France au lieu de -0,8%), le commerce planétaire a continué de se replier nettement en janvier et février, et le climat des affaires s'est à nouveau dégradé le mois dernier, au point d'atteindre désormais «un niveau historiquement bas» en France, observe l'INSEE.

Dans ce contexte dégradé, l'institut prévoit une baisse plus forte du PIB au premier trimestre 2009 qu'au deuxième, ce dernier devant bénéficier des plans de relance mis en oeuvre en France et chez ses principaux partenaires au cours de la période récente.

Eric Dubois a souligné que ces différents dispositifs de relance, à commencer par le plan Obama aux Etats-Unis, ajoutés aux mesures de soutien sectorielles comme la prime à la casse décidée en France et en Allemagne, devraient avoir un impact sur l'épargne et la consommation des ménages français.

«En France, nous attendons notamment au deuxième trimestre les effets des mesures du sommet social» du 18 février dernier, a-t-il précisé.

Toutefois, «l'acquis de croissance pour l'année 2009 à l'issue du deuxième trimestre», autrement dit ce que serait la croissance moyenne annuelle si la production se stabilisait à ce dernier niveau connu, «serait très nettement négatif», à -2,9%, selon la note de conjoncture.

Sur le plan de l'emploi, le taux de chômage devrait croître rapidement dans le sillage du recul de l'activité pour atteindre 8,8% en France métropolitaine (9,2% en France entière) au deuxième trimestre 2009, contre 7,3% un an plus tôt. Au total, selon l'INSEE, quelque 332'000 postes seraient détruits au premier semestre de cette année après une baisse de 110'000 postes au second semestre 2008.

Malgré cet environnement négatif, contraignant les entreprises à réduire à la fois leurs stocks et leurs investissements, la consommation des ménages ferait mieux que résister: la très faible inflation, attendue à -0,6% en juin, les revalorisation de prestations et les mesures de relance «devraient permettre une légère progression du pouvoir d'achat», pronostiquent les experts de l'INSEE.

Ce scénario reste cependant aléatoire compte tenu des incertitudes pesant sur «l'évolution d'un système financier toujours instable», mais aussi sur «l'intensité de l'ajustement des dépenses des entreprises» et «l'impact des plans de relance», rappellent-ils dans leur note.

D'une manière générale, a constaté Eric Dubois, la France semble «moins affectée par la crise» que d'autres économies avancées «en raison d'une prise de risques moins importante que dans les pays anglo-saxons et d'une dépendance moindre au commerce mondial, contrairement à l'Allemagne et au Japon».

Reste qu'à l'horizon du premier semestre 2009, «il n'y a pas de reprise en vue», a-t-il conclu. (ap)

Ton opinion