Actualisé 10.07.2006 à 08:30

Poursuite des tirs de roquettes malgré l'offensive à Gaza

Israël maintenait dimanche, deux semaines après la capture d'un de ses soldats par des groupes palestiniens, sa pression dans la bande de Gaza. Sans parvenir à empêcher les tirs de roquettes vers le sud de l'Etat hébreu.

Des unités de blindés et du génie israélien ont effectué une incursion dans le secteur de Karni, un des points de passage entre Israël et le nord de la bande de Gaza, pour tenter de repérer et détruire des tunnels qu'auraient creusés des Palestiniens pour s'infiltrer en Israël.

L'aviation a par ailleurs mené plusieurs raids aériens, tuant notamment un civil palestinien et en blessant sept autres personnes à Rafah. Cette attaque visait une voiture à bord de laquelle circulaient trois membres de la branche armée du Hamas, selon des témoins.

Une seconde opération aérienne a également blessé quatre activistes des Brigades des martyrs d'Al-Aqsa, un groupe lié au Fatah du président palestinien Mahmoud Abbas, dans la ville de Gaza.

Sept morts samedi

Samedi sept Palestiniens - dont une fillette de six ans -avaient déjà été tués dans des opérations militaires. Cela porte à plus de 40 le nombre de Palestiniens tués depuis que l'armée israélienne a élargi le champ de ses opérations jeudi en pénétrant dans le secteur nord de la bande de Gaza.

Ce déploiement de forces ne parvient toutefois pas à mettre un terme aux tirs de roquettes artisanales contre le territoire israélien depuis la bande de Gaza. Un civil a été blessé à Sdérot, dans le sud d'Israël, par l'explosion d'une Qassam. Les Brigades Ezzedine al-Qassam ont revendiqué dans un communiqué quatre tirs de roquettes.

Dans ces conditions, le secrétaire du gouvernement israélien Israël Maïmon a rejeté une nouvelle fois la proposition du premier ministre palestinien Ismaïl Haniyeh, issu du Hamas, pour «un arrêt bilatéral de toutes les opérations militaires».

«Nous n'acceptons pas cette proposition car tout arrêt de nos opérations militaires dépend de la libération de Gilat Shalit», le soldat enlevé le 25 juin à la lisière de la bande de Gaza, a-t-il dit à l'issue d'une réunion du cabinet. Il a aussi rejeté «toute négociation en vue de la libération de détenus» palestiniens en échange du militaire.

Cessez-le-feu demandé

Samedi, M. Haniyeh avait appelé les deux parties à un cessez-le-feu. Il avait aussi appelé à une reprise des négociations conduites par des médiateurs égyptiens sur le sort du caporal israélien enlevé.

Le chef de l'Etat Mahmoud Abbas a par ailleurs décidé de l'envoi lundi de deux émissaires à Damas, pour des entretiens avec le chef du bureau politique du Hamas Khaled Mechaal, dans le but de régler le sort du soldat israélien.

Pour le ministre israélien de la défense Amir Peretz, la pression militaire israélienne augmente les appels à la libération du soldat au sein du Hamas. Il a annoncé la poursuite de «brèves incursions» dans la bande de Gaza, l'opération n'ayant pas encore été couronnée de succès.

Appel de Annan

Sur le plan intrnational, le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan a réclamé l'accès immédiat du personnel et de l'aide humanitaire de l'ONU à la bande de Gaza. «Le passage de vivres et d'autres fournitures essentielles par le terminal commercial de Karni doit être assuré, et les restrictions au mouvement et à l'accès des agences de l'ONU doivent être levées immédiatement», a-t-il dit.

A Berne, près d'un millier de personnes ont protesté samedi contre l'»agression israélienne à Gaza», à l'appel des associations pro-palestiniennes, des oeuvres d'entraide et des partis de gauche. Les manifestants ont exigé des sanctions politiques et économiques contre Israël. (ats)

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