Crise ukrainienne: «Poutine essaye de réécrire les frontières»
Actualisé

Crise ukrainienne«Poutine essaye de réécrire les frontières»

L'ex-Secrétaire d'État américaine Hillary Clinton a fustigé mardi à Montréal le comportement du président russe, jugeant qu'il ne tenait qu'à lui d'éviter une nouvelle Guerre froide.

En Crimée, «la logique de Poutine» est que les habitants de cette région rattachée à Moscou mardi «étaient d'ethnie russe, étaient des russophones, qu'ils ont toujours été partie prenante de la Russie», a déclaré Hillary Clinton lors d'une conférence organisée par la Chambre de Commerce du Montréal métropolitain.

Ce raisonnement «pourrait non seulement être étendu à d'autres parties de l'Ukraine, mais aussi à d'autres régions de l'Estonie, de la Lituanie, de la Lettonie, de la Transnistrie. Il y a beaucoup d'endroits où l'on retrouve des gens d'ethnie russe ou russophones», a remarqué l'ex-Première Dame des États-Unis. Après l'Ukraine et la Crimée, d'autres pays pourraient «faire face à une attaque russe frontale», a-t-elle averti. «Poutine essaye de réécrire les frontières de l'Europe post seconde Guerre mondiale», a-t-elle affirmé, applaudie par un public composé de quelque 4300 personnes.

Appel aux Européens

L'ex-Secrétaire d'État américaine (2009-2013) a confié «espérer qu'il ne s'agisse pas d'une nouvelle Guerre froide», ajoutant que «personne ne veut que ce soit le cas», mais que «cela dépend de Poutine».

Appelant les Européens à être moins dépendants économiquement et énergétiquement de la Russie, Hillary Clinton a souhaité voir «une accélération» de la construction d'oléoducs entre l'Azerbaïdjan et les l'Europe des 28, tout en encourageant les nouvelles sources de production locales, comme le gaz de schiste en Pologne. «Les Russes ne peuvent vous intimider que si vous êtes dépendants d'eux», a-t-elle observé.

A propos de l'Ukraine, Hillary Clinton a esquissé un léger reproche à son ancienne administration: «Nous devons mieux soutenir le gouvernement de Kiev», a-t-elle plaidé, appelant Washington a davantage s'engager financièrement.

Interrogée sur son avenir politique, alors qu'elle est vue comme une sérieuse prétendante à la succession de Barack Obama à la Maison Blanche, Hillary Clinton a botté en touche. «Je n'ai pas encore pris de décision», a-t-elle dit, tout en confiant «ressentir l'obligation de faire tout ce que je dois pour les enfants de mon pays».

(afp)

Ton opinion