Présidentielle russe: Poutine, l'incontournable patron de la Russie
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Présidentielle russePoutine, l'incontournable patron de la Russie

Le président russe, ancien agent du KGB et successeur désigné de Boris Eltsine, incarne avec poigne l'ambition retrouvée du pays.

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Vladimir Poutine a été réélu dimanche pour un quatrième mandat à la tête de la Russie avec 73,9% des voix, selon des sondages effectués à la sortie des urnes.

Vladimir Poutine a été réélu dimanche pour un quatrième mandat à la tête de la Russie avec 73,9% des voix, selon des sondages effectués à la sortie des urnes.

epa/Anatoly Maltsev
Citoyen russe depuis 2013, Gerard Depardieu a voté dimanche à Paris pour la présidentielle en Russie.

Citoyen russe depuis 2013, Gerard Depardieu a voté dimanche à Paris pour la présidentielle en Russie.

AFP/-
Ksenia Sobtchak. L'ex-star de téléréalité s'est lancée dans la course avec le slogan «contre tous». A 3 jours du scrutin, elle a créé son mouvement: le Parti des Changements. (Jeudi 16 mars 2018)

Ksenia Sobtchak. L'ex-star de téléréalité s'est lancée dans la course avec le slogan «contre tous». A 3 jours du scrutin, elle a créé son mouvement: le Parti des Changements. (Jeudi 16 mars 2018)

AFP

Après plus de 18 ans de pouvoir, Vladimir Poutine incarne avec autorité l'ambition d'une grande Russie à la puissance retrouvée. Au prix de tensions sans précédent avec les Occidentaux et d'un recul des droits de l'Homme.

Successeur de Boris Eltsine

Victorieux avec 75% des voix selon les résultats partiels des votes, à l'issue d'un scrutin sur fond de très nombreuses accusations de fraude, Vladimir Poutine garde les clés du Kremlin pour un quatrième mandat. Soit jusqu'en 2024, année de ses 72 ans et 25 ans après avoir été désigné successeur d'un Boris Eltsine à la santé chancelante.

Ex-officier du KGB, Vladimir Poutine, 65 ans, est arrivé en 2000 à la tête d'un pays au pouvoir instable et à l'économie défaillante. Loué par nombre de ses concitoyens pour avoir été l'homme de la stabilité et d'une nouvelle prospérité grâce à une manne pétrolière conséquente pendant des années, il est vilipendé par ses détracteurs pour un net recul des droits de l'Homme et des libertés.

Sur la scène internationale, celui qui avait qualifié la disparition de l'Union soviétique de «plus grande catastrophe géopolitique du XXe siècle» s'est employé à restaurer l'influence de la Russie dans le monde, mise à mal après la chute de l'URSS et les années chaotiques du règne de Boris Eltsine.

Sa méthode? Une lutte patiente et obstinée, à l'affût de signes de faiblesse de l'adversaire, expliquait en 2013 ce huitième dan de judo, répondant à un Russe qui lui demandait de tout faire pour enfin «rattraper et doubler» l'Amérique, un vieux slogan de l'époque soviétique.

Accusations d'ingérence

L'année précédente, Vladimir Poutine avait endossé les habits de restaurateur de la «grande Russie» en annexant la péninsule ukrainienne de Crimée, après l'intervention des troupes russes et un référendum jugé illégal par Kiev et les Occidentaux.

Cette opération a accru son prestige à domicile, mais elle a déclenché la pire crise depuis la fin de la Guerre froide entre Russes et Occidentaux, qui accusent en outre Moscou de soutenir militairement une rébellion séparatiste dans l'est de l'Ukraine, ce que le Kremlin dément.

Aux tensions sur la Syrie et l'Ukraine se sont ajoutées à partir de l'élection de Donald Trump aux Etats-Unis des accusations d'ingérence dans la présidentielle américaine et plus récemment une crise sans précédent avec Londres après l'empoisonnement d'un ex-espion russe réfugié en Angleterre.

Issu d'une famille modeste

Né le 7 octobre 1952 dans une famille ouvrière qui occupait une pièce d'un appartement communautaire à Léningrad (Saint-Pétersbourg), Vladimir Poutine n'était en rien prédisposé aux ors du Kremlin.

«Je viens d'une famille modeste, j'ai vécu très longtemps cette vie», raconte-t-il sur un site internet dédié à sa biographie. De cette jeunesse dans les rues de Leningrad, il déclara en 2015 avoir appris une chose: «si le combat est inévitable, il faut frapper le premier».

Diplômé de droit, il entre au KGB, dont il devient un agent du renseignement extérieur. Il sera envoyé en mission de 1985 à 1990 à Dresde, en Allemagne de l'Est, un poste plutôt modeste. Après le délitement de l'URSS, l'agent du KGB se recycle en conseiller aux relations extérieures du nouveau maire libéral de Saint-Pétersbourg, puis entame une ascension fulgurante.

Elu en 2000

En 1996, il est appelé à Moscou pour travailler au Kremlin. Nommé en 1998 à la tête du FSB, successeur du KGB, il est désigné un an plus tard Premier ministre par le président Boris Eltsine, à la recherche d'un successeur capable de garantir sa sécurité après sa retraite.

Eltsine et son entourage avaient été séduits par la discrétion et l'efficacité de cet homme au front dégarni et au regard perçant. Certains proches d'Eltsine pensent alors pouvoir le manipuler facilement, mais Vladimir Poutine entreprend de rebâtir l'autorité de l'Etat en formant une «verticale du pouvoir» dépendant de lui seul.

Cultivant déjà l'image d'un dur, le 1er octobre 1999, à la suite d'une vague d'attentats, il engage la deuxième guerre de Tchétchénie, un conflit sanglant marqué par des exactions de l'armée russe et le bombardement aveugle de Grozny. Cette guerre sera le fondement de sa popularité en Russie et à l'origine de son image d'homme à poigne qui n'a pas peur des décisions difficiles.

Lorsque Boris Eltsine démissionne fin 1999 et désigne son Premier ministre pour lui succéder, Vladimir Poutine s'est déjà imposé comme le nouvel homme fort du pays. Elu facilement en 2000, M. Poutine accélère sa prise en main du pouvoir en s'appuyant sur les «structures de forces» (services secrets, police, armée) et sur ses proches de Saint-Pétersbourg. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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