Actualisé 01.01.2017 à 19:04

CongoPouvoir et opposition vont cogérer le pays en 2017

La crise a éclaté quand Joseph Kabila a décidé de rester au pouvoir après l'expiration de son mandat le 20 décembre.

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Après un malaise qui a duré 12 minutes, Felix Tshisekedi  a prêté serment comme nouveau président de la République démocratique du Congo. (Jeudi  24 janvier 2019)

Après un malaise qui a duré 12 minutes, Felix Tshisekedi a prêté serment comme nouveau président de la République démocratique du Congo. (Jeudi 24 janvier 2019)

Keystone
Une accolade entre Felix Tshisekedi (à droite) et le président sortant Joseph Kabila   (Jeudi  24 janvier 2019

Une accolade entre Felix Tshisekedi (à droite) et le président sortant Joseph Kabila (Jeudi 24 janvier 2019

AFP
La Cour constitutionnelle a officiellement proclamé l'opposant Félix Tshisekedi président de la République démocratique du Congo (RDC). (Dimanche 20 janvier 2019)

La Cour constitutionnelle a officiellement proclamé l'opposant Félix Tshisekedi président de la République démocratique du Congo (RDC). (Dimanche 20 janvier 2019)

AFP

La majorité au pouvoir et l'opposition en République démocratique du Congo (RDC) sont parvenues in extremis samedi à conclure un accord de cogestion du pays jusqu'à l'élection d'un successeur au président Joseph Kabila. Le texte négocié sous l'égide de l'épiscopat vise à sortir le pays d'une grave crise politique.

Il aura fallu plus de 13 heures de négociations samedi pour parvenir à la signature de cet accord. Le pays a plongé dans la crise quand M. Kabila, 45 ans, a décidé de rester à la tête de la RDC après l'expiration de son mandat le 20 décembre.

Conclu sous la médiation des évêques, le texte autorise Joseph Kabila à demeurer à la tête du pays jusqu'à «fin 2017». En contrepartie, un conseil national de transition (CNT), présidé par l'opposant historique Étienne Tshisekedi, sera créé et un premier ministre, issu de sa coalition «le rassemblement», nommé.

L'accord ne précise pas à quelle date le CNT doit être mis en place, ni dans quel délai ce premier ministre doit être désigné. Les participants aux négociations ont également décidé de tenir «fin 2017» la présidentielle en vue de l'élection du successeur de M. Kabila, au pouvoir depuis 2001 et à qui la constitution interdit de se représenter.

Pas de révision de la Constitution

Les élections législatives nationales et provinciales auront lieu en même temps. Les signataires ont également convenu que pendant la période de transition, «aucune tentative de révision de la Constitution ne sera entreprise».

Selon le président de la Cenco, Mgr Marcel Utembi, le CNT va d'abord «fonctionner comme comité de suivi». Puis «au mois de mars, le Parlement adoptera une loi qui va l'instituer et l'organiser comme institution d'appui à la démocratie», a-t-il expliqué lors de la cérémonie de signature.

Après un premier accord conclu en octobre entre le pouvoir et une frange minoritaire de l'opposition, la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) avait réussi à réunir toutes les composantes de l'éventail politique à partir du 8 décembre.

Le bémol du MLC

«La majorité a signé sous réserve», a toutefois déclaré le ministre des médias Lambert Mende. Il a estimé que le refus de signer du mouvement de libération du Congo (MLC) de l'ancien vice-président de la république Jean-Pierre Bemba, détenu à La Haye par la CPI, «enlève à l'accord son caractère inclusif».

Le MLC a refusé de signer l'accord, le qualifiant «d'arrangement bipartite entre la majorité et le rassemblement» à qui la présidence de la CNT et le poste de premier ministre ont été attribués, a protesté son secrétaire général.

Dans une adresse à la Nation sur la télévision publique, M. Kabila a appelé à «la poursuite sans désemparer du processus électoral». Les évêques se sont déclarés «heureux» d'avoir réussi à trouver «un compromis politique inclusif» au sein de la classe politique, évitant au pays «le chaos».

Consensus salué

Premier partenaire économique de la RDC, l'Union européenne a salué l'accord dans un communiqué commun de la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini et du commissaire européen à la Coopération internationale et au Développement Neven Mimica.

Le chef de la Mission de l'ONU au Congo (Monusco) a salué «l'inclusivité souhaitée (qui) a permis d'avoir ce consensus plus large». «Mais le travail doit continuer, il faut sauvegarder la stabilité politique en mettant en oeuvre chaque point de cette nouvelle feuille de route politique», a déclaré Maman Sidikou.

Jamais de transition pacifique

Le 20 décembre, au dernier jour du mandat de M. Kabila, la capitale Kinshasa et plusieurs autres villes ont été le théâtre d'affrontements meurtriers entre forces de l'ordre et jeunes. Ces violences ont fait, selon l'ONU, au moins 40 morts.

La RDC n'a jamais connu de transition pacifique du pouvoir depuis son indépendance de la Belgique en 1960. Entre 1996 et 2003, ce pays a été ravagé par deux guerres. Sa partie orientale reste déchirée par de multiples conflits armés depuis plus de vingt ans. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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