Actualisé 07.12.2010 à 08:20

Affaire MadoffPremier accord de recouvrement conclu

L'Union bancaire privée (UBP) a conclu un accord dans le cadre de la mise en faillite de la société de Bernard Madoff aux Etats-Unis.

La banque genevoise s'acquittera d'un montant compris entre 470 et 500 millions de dollars, selon le liquidateur du fonds Madoff, Irving Picard.

L'entente, annoncée dans la nuit de lundi à mardi, constitue «le premier accord en liquide avec un fonds rabatteur, et le premier accord international majeur, soit deux étapes importantes dans les efforts globaux de recouvrement» des fonds perdus par l'escroquerie géante orchestrée par Bernard Madoff, a noté Irving Picard.

L'accord a été signé avec l'UBP et une filiale de la banque genevoise basée aux îles Cayman, M-Invest, «pour au moins 470 millions de dollars en numéraire, un montant qui pourrait atteindre 500 millions de dollars selon l'issue d'autres actions en justice reliées», a écrit Irving Picard dans son communiqué.

Responsabilité rejetée par l'UBP

L'entente doit encore être approuvée par le tribunal des faillites de Manhattan (New York), a précisé le liquidateur. Pour mémoire, la banque genevoise avait été visée par une plainte en nom collectif en mai 2009 par d'anciens clients l'accusant d'avoir dilapidé leurs fonds en les investissant dans la firme de Bernard Madoff.

L'UBP a immédiatement réagi mardi matin en saluant le dénouement. L'établissement a dit avoir souhaité conclure un accord avec l'instance de liquidation (Trustee) afin de protéger ses clients et de clore définitivement le dossier, «bien que la banque rejette une quelconque responsabilité à l'égard du Trustee.»

Ces derniers jours, le liquidateur de l'affaire Madoff a multiplié les annonces relatives à ce qu'il réclamait à diverses grandes banques, dont l'UBS. Pas plus tard que lundi, il a fait connaître une somme minimale de 9 milliards de dollars (8,8 milliards de francs) exigée de la part de la britannique HSBC et diverses entités associées.

Récupération de fonds visée

Irving Picard cherche ainsi à récupérer les fonds perdus par les victimes de l'escroquerie. Il accuse les banques d'avoir été complices de la fraude montée par Bernard Madoff en créant, vendant et entretenant «un réseau international d'une douzaine de fonds rabatteurs basés en Europe, dans les Caraïbes, et en Amérique centrale».

Le liquidateur affirme dans sa plainte que HSBC et ses fonds ont conduit des investisseurs à confier plus de 8,9 milliards de dollars au financier new-yorkais, et se sont eux-mêmes enrichis de plusieurs millions de dollars. La banque italienne UniCredit et la financière autrichienne Sonja Kohn, notamment, sont associées à la même procédure.

L'UBS aussi concernée

La semaine passée, Irving Picard avait déjà réclamé 6,4 milliards de dollars à la banque américaine JP Morgan Chase, ni plus ni moins que l'ex-établissement commercial de Bernard Madoff. Le 24 novembre, il avait notifié à l'UBS, ainsi qu'à des fonds associés, une requête portant sur 2 milliards de dollars.

Le liquidateur a jusqu'à la fin de la semaine pour porter plainte et réclamer des fonds au bénéfice des victimes. Cela fera alors deux ans qu'a été arrêté Bernard Madoff, qui a été condamné en 2009 à 150 ans de prison pour cette escroquerie, estimée entre 23 et plus de 65 milliards de dollars, selon que l'on compte avec ou sans les intérêts. (ats)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!