Espace - sonde Rosetta: Premier feu vert pour le largage de Philae

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Espace - sonde RosettaPremier feu vert pour le largage de Philae

Le petit robot Philae pourrait bel et bien se poser sur une comète. Une première dans l'histoire.

Philae devrait se poser sur une comète.

Philae devrait se poser sur une comète.

Les responsables de la sonde européenne Rosetta, qui navigue depuis 10 ans dans l'espace, ont donné mardi soir un premier feu vert («go») au largage mercredi de son petit robot Philae. Celui-ci doit atterrir sur une comète, une première.

L'annonce a été faite au Centre européen d'opérations spatiales (ESOC) de l'Agence spatiale européenne (ESA) à Darmstadt, en Allemagne. Ce premier «go» signifie que Rosetta se trouve sur la bonne orbite et qu'une trajectoire pour la descente de Philae a été trouvée.

«Je suis sur la bonne trajectoire pour larguer correctement Philae», a aussi annoncé Rosetta sur son compte Twitter. Plusieurs autres vérifications étaient encore prévues durant la nuit, avant le feu vert définitif mercredi matin.

Il s'agit de s'assurer que tous les systèmes sont prêts et que Rosetta est bien en mesure de délivrer Philae sur la bonne trajectoire pour atteindre sa cible sur la comète Tchourioumov-Guérassimenko.

A 511 millions de kilomètres

L'heure de la séparation entre l'orbiteur Rosetta, qui a rejoint la comète le 6 août, et l'atterrisseur Philae, un robot laboratoire de 100 kg, a été fixée à 08h35 GMT mercredi (09h35 en Suisse).

La confirmation du largage ne parviendra cependant à l'ESOC que 28 minutes plus tard, compte tenu du délai de transmission du signal radio depuis Rosetta, qui se trouvera alors à 511 millions de kilomètres de la Terre.

Lâché à 20 km de la surface de la comète, Philae mettra sept heures en chute libre avant de se poser sur son noyau. Un atterrissage qui reste hasardeux car le terrain est accidenté et la nature du sol reste une inconnue.

«La moindre petite erreur»

Andrea Accomazzo, directeur de vol de la mission Rosetta à l'ESOC, est confiant: la sonde «fonctionne très bien» et jusqu'à présent, «toutes les opérations de vol se sont déroulées comme prévu», a-t-il souligné lors d'un point de presse retransmis sur internet. Le petit robot Philae atterrisseur «est allumé».

La séparation doit cependant impérativement avoir lieu «au bon moment, à la bonne position dans l'espace, à la bonne altitude et à la bonne vitesse». Andrea Accomazzo a mis en garde: «La moindre petite erreur se traduirait par une erreur significative de la position à la surface» de la comète.

Les responsables de la mission devraient être en mesure de suivre le déroulement de la descente de Philae, en chute libre, vers sa cible. Dès que Rosetta aura «repointé» le robot, des images prises par les caméras de la sonde seront produites chaque heure durant la descente.

Le site J

Trois centres opérationnels sont mobilisés pour cette mission, à Darmstadt, Cologne et Toulouse. La grande inconnue reste ce qui attend Philae sur la comète. C'est sur le site J, rebaptisé Agilkia et désigné par les scientifiques comme celui présentant le moins de risques, que l'engin doit atterrir.

Philae sera ensuite contraint de se déplacer entre des rochers de 50 cm à 50 m, mais aussi sur des pentes supérieures à 30°, la limite théoriquement tolérée par le train d'atterrissage de Philae. Jean-Pierre Bibring, responsable scientifique de l'atterrisseur, veut y croire: «L'échec n'est pas une option!»

Archéologie spatiale

La sonde Rosetta transporte des instruments développés en Suisse, dont le spectromètre de masse nommé Rosina, qui servira à effectuer des analyses chimiques des gaz et poussières dans la queue de la comète. Les premières mesures devraient pouvoir être effectuées d'ici la mi-août, selon les responsables de Rosina à l'Université de Berne.

Les sept caméras de Philae ont en grande partie été développées par l'équipe de Jean-Luc Josset, directeur du Space Exploration Institute de Neuchâtel. Plusieurs entreprises suisses, notamment RUAG et le Laboratoire fédéral d'essai des matériaux et de recherche (EMPA), ont participé à leur fabrication.

Cette mission d'«archéologie spatiale», entamée en 2004 avec le lancement de Rosetta, cherche à percer l'évolution du système solaire depuis sa naissance, les comètes étant considérées comme des vestiges de la matière primitive. (ats)

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