Luxe : Premier semestre en forte croissance pour Richemont

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Luxe Premier semestre en forte croissance pour Richemont

Richemont a vu son bénéfice net bondir de 52% au premier semestre de son exercice 2012/2013, clos fin septembre, à 1,08 milliard d'euros (1,3 milliard de francs).

Pour le premier semestre, le chiffre d'affaires a augmenté de 21% à 5,11 milliards d'euros. Au niveau opérationnel, le résultat présente une hausse de 28% par rapport au premier semestre de l'exercice précédent à 1,38 milliard d'euros, a indiqué vendredi Compagnie Financière Richemont.

La marge correspondante a progressé de 1,5 point à 27%. Exprimé en monnaies locales, le chiffre d'affaires ressort en croissance de 12% seulement.

Prises de bénéfice

Le titre Richemont était en baisse vendredi à la Bourse suisse: on parle de prises de bénéfice au plus haut historique. Les résultats ont été au-dessus du consensus des analystes interrogés par l'agence financière AWP, le chiffre d'affaires juste en dessous.

Les ventes ont augmenté de 23% en Europe (à taux de change constants), de 22% en Asie-Pacifique, de 16% dans les Amériques et de 18% au Japon. Dopée par les achats de touristes asiatiques, l'Europe représente le 36% du total des ventes, contre 41% pour l'Asie, 13% pour les Amériques.

Les ventes des marques horlogères ont augmenté de 25% à 1,4 milliard, alors que celles de la bijouterie-joaillerie ont connu une croissance de 20% à 2,6 milliards. Cartier et Van Cleef & Arpels en particulier ont «généré des résultats remarquables».

La croissance de Montblanc a été plus modeste ( 10%), à 368 millions. Celle des autres marques (accessoires, net à porter) a été de 24% à 672 millions.

Croissance plus modérée

Au-delà du premier semestre, Richemont constate un ralentissement du rythme de progression de son chiffre d'affaires. En octobre, celui-ci a augmenté de 12% sur un an.

«La croissance se poursuit dans toutes les régions, mais elle se modère», a déclaré le directeur général adjoint Richard Lepeu en conférence téléphonique. Les Chinois continuent de consommer, mais il y a clairement un ralentissement, a-t-il relevé.

Concernant le deuxième semestre, Richemont note que des taux de change moins favorables pourraient entraîner un effet de base de comparaison négatif. Le groupe va poursuivre l'année prochaine ses investissements en Suisse.

«Nous allons poursuivre nos projets en Suisse et continuer à y renforcer notre base industrielle, qu'il s'agisse des montres ou de la bijouterie», a affirmé Richard Lepeu.

Beaucoup de projets sont en cours et le groupe prévoit d'engager du personnel. Cela représentera «plusieurs centaines de nouveaux emplois l'année prochaine» en Suisse, a précisé M. Lepeu.

Co-directeurs généraux

Richemont a annoncé également un changement à la tête de sa direction générale. A compter du 1er avril 2013, Richard Lepeu, actuel directeur général adjoint, et Bernard Fornas, patron de Cartier jusqu'à fin 2012, assumeront conjointement la présidence de l'organe exécutif.

Bernard Fornas sera responsable des sociétés opérationnelles, à savoir l'unité «Maisons». De son côté, Richard Lepeu s'occupera spécifiquement des fonctions centrales. Tous deux formeront un comité exécutif senior en compagnie du chef des finances Gary Saage.

Actuel directeur général depuis 2010, Johann Rupert se retirera au 31 mars de ce poste, pour se concentrer sur la seule présidence du conseil d'administration.

En conférence téléphonique, Richard Lepeu a précisé que ce changement ne va pas modifier la stratégie du groupe. Il a insisté sur la continuité. La présidence conjointe a fait ses preuves dans beaucoup d'entreprises qui marchent bien, a-t-il relevé.

Le groupe contrôle 18 marques de luxe. Il emploie quelque 7000 collaborateurs en Suisse, sur un total de plus de 24'000.

(ats)

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