Votations fédérales du 15 maiPremier sondage: un vote serré sur la «loi Netflix» s’annonce
Les trois objets soumis au vote le 15 mai seraient acceptés si la votation avait lieu aujourd’hui. Seule la loi sur le cinéma est en sursis. La participation des jeunes pourrait être décisive.
- par
- Yannick Weber

Les plus jeunes sont moins partisans de la réglementation pour les plateformes de streaming.
Le sort de la nouvelle loi sur le cinéma est incertain, selon le premier sondage «20 minutes/Tamedia». Le soutien se monte pour l’instant à 51% contre 44% de refus. Ce sont les électeurs de l’UDC qui sont les plus réfractaires (67% de non), suivis de ceux du PLR (55% de non). Les sympathisants des autres partis diraient oui avec des soutiens allant de 50% au Centre à 71% au PS et chez les Verts.
Il semble que les Romands sont plus enclins à voter oui (65% de oui) que les Tessinois (55%) et les Alémaniques (46%). Des différences apparaissent aussi entre les générations. Les plus âgés (65 ans et plus) sont 62% à soutenir la loi et 33% à la refuser. Tout l’inverse chez les plus jeunes: les 18 à 34 ans sont seulement 40% à dire oui contre 54% qui songent à voter non. Les jeunes ayant un taux de participation plus faible en général lors des votations, leur mobilisation pourrait s’avérer déterminante.
Garder les profits en Suisse
L’argument avancé le plus souvent par les soutiens de la loi dans le sondage est celui de garder en Suisse une partie des profits des plateformes. L’obligation d’investir dans le cinéma suisse est vue comme une solution qui permet en outre de favoriser la diversité de la production.
À l’inverse, 53% de ceux qui pensent voter non estiment que le cinéma suisse est suffisamment soutenu. L’argument du prix des abos ne fait pas mouche, seuls 23% justifient leur refus par celui-ci.
Avis clairs sur le don d’organes
La loi sur la transplantation serait acceptée par 61% des électeurs contre 37% de refus. L’un des enseignements du sondage: les avis semblent déjà bien formés. 52% répondent «oui» et seulement 9% «plutôt oui». Même chose chez les opposants: 31% n’hésitent pas à dire «non» tandis que seuls 6% ont coché «plutôt non». La proposition est plébiscitée par les sympathisants de tous les partis, sauf ceux de l’UDC, qui sont partagés.
Là aussi, le soutien est bien plus fort en Suisse romande, avec 76% de oui contre 55% en Suisse alémanique et 67% au Tessin. Les jeunes sont également plus favorables que les retraités. Parmi les opposants, c’est l’argument éthique qui est le plus souvent mis en avant.
Soutien confortable à Frontex
La contribution suisse au corps européen de gardes-frontière Frontex semble soutenue. 59% des sondés diraient oui contre 33% de non. Ici comme sur les deux autres objets, les sympathisants de l’UDC sont les seuls à s’opposer majoritairement à la proposition. À noter toutefois que la gauche tend vers l’UDC: le soutien est le moins marqué chez les Verts et au PS, tandis qu’il est le plus fort chez les Vert’libéraux et au Centre puis au PLR.
Différences générationnelles ici aussi: les 18 à 34 ans, tout en ayant un plus grand nombre d’indécis, sont les moins enthousiastes. Pour l’heure, ils sont même un peu plus nombreux (45%) à dire non qu’à soutenir le texte (40%). À l’inverse, chez les retraités, on atteint 75% de oui.
Dans l’intérêt national
L’argument le plus souvent cité par les partisans est celui de l’intérêt de la Suisse: un oui renforcerait la coopération et la sécurité du pays. Par contre, la crainte d’une exclusion du système Schengen n’a que peu d’écho puisque seuls 15% des partisans citent cette raison.
Chez les opposants, on estime que les 47 millions dont on parle seraient mieux investis pour protéger les frontières suisses plutôt qu’européennes. On voit que le «non» fait se regrouper des gens aux opinions très différentes. Complètement à contre-courant de l’argument précédent, 16% des opposants estiment eux que le monde ne devrait même pas avoir de frontières entre états.