Actualisé 23.01.2009 à 09:52

Salaires des managersPremier succès pour Ethos

Ethos et huit caisses de pension obtiennent un premier succès dans leur croisade pour accroître la transparence dans la rémunération des managers. Les actionnaires du Credit Suisse, de Nestlé et de l'UBS se prononceront sur la question de manière consultative.

L'ordre du jour des prochaines assemblées générales des deux grandes banques et du groupe alimentaire vaudois comprendra ainsi un vote, sans force obligatoire toutefois, sur le système ou le rapport de rémunération des hauts dirigeants, ont rapporté vendredi Ethos et ses partenaires. Leur requête remonte à septembre dernier.

Démocratie actionnariale

La Fondation Ethos, et son très médiatisé directeur Dominique Biedermann, affichent leur satisfaction de voir le Credit Suisse, Nestlé et l'UBS aller dans ce sens. «C'est un pas important en direction d'une meilleure autorégulation en matière de rémunérations et d'un renforcement de la démocratie actionnariale».

Dans le détail, l'UBS s'engage à proposer un vote consultatif sur son système de rémunération pour 2009. En novembre dernier déjà, le numéro un bancaire helvétique avaient présenté à ses actionnaires, réunis une nouvelle fois en assemblée générale extraordinaire, un rapport sur sa politique en la matière.

Signal aux dirigeants

Une transparence accrue profitera aussi aux actionnaires du Credit Suisse et de Nestlé, qui pourront voter consultativement toujours sur les rapports de rémunération 2008. Pour Ethos est ses partenaires, la démarche permet de donner un signal aux dirigeants, même si la loi ne prévoit pour l'heure pas de vote contraignant.

Ces acteurs majeurs de l'économie devront lever le voile sur des informations à même d'accroître la visibilité sur leurs pratiques. Pour mémoire, les plus de 20 millions de francs annuels perçus par des Daniel Vasella (Novartis) et Marcel Ospel (ex-UBS désormais) n'ont pas manqué de défrayer la chronique ces dernières années.

Valeur d'exemple

La requête n'a en revanche pas trouvé d'écho auprès de Novartis et ABB. Du coup, elle figurera à l'ordre du jour des prochaines assemblées générales afin d'obtenir un vote (dit «say on pay» en anglais). Ethos recommande dès lors aux actionnaires des groupes pharmaceutique bâlois et électrotechnique zurichois de la soutenir.

La fondation et les huit caisses de pension espère que la volonté affichée par le Credit Suisse, Nestlé et l'UBS fera tache d'huile. Leur résolution destinée à Novartis et ABB est par ailleurs soutenue par près de 30 institutions helvétiques et internationales gérant des actifs pour plus de 250 milliards de francs.

(ap)

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