Actualisé 11.09.2008 à 15:52

Benoît XVIPremier voyage en France très attendu pour Benoît XVI

Le pape Benoît XVI entame vendredi son premier voyage apostolique en France, une visite de trois jours qui le conduira à Paris et à Lourdes, l'occasion de séduire dans un pays en voie de déchristianisation.

Francophone et francophile mais peu charismatique, l'ancien cardinal Joseph Ratzinger connaît une popularité inférieure à celle de son prédécesseur, et ce déplacement chez «la fille aînée de l'Eglise» est en partie destiné à corriger cet état de fait.

Néanmoins plus de la moitié des Français (53%) et 65% des catholiques disent avoir une «bonne opinion» du pape, selon un sondage CSA paru jeudi dans «Le Parisien/Aujourd'hui en France». «On dit beaucoup que le pape Benoît XVI souffre d'un manque d'image. Eh bien, grâce à son voyage en France, on aura l'image mais on aura aussi la réalité», assurait lundi Mgr André Vingt-Trois, cardinal archevêque de Paris.

Pour le président de la Conférence des évêques de France, «le premier objectif de son voyage, c'est de nous permettre de le découvrir au travers de diverses activités et de découvrir sa personnalité, sa voix, sa manière de se présenter».

Par le passé, Benoît XVI avait émis une critique voilée du concept de laïcité à la française, en demandant en 2006 que «l'Etat ne considère pas la religion comme un simple sentiment individuel qui pourrait être limité au seul domaine privé».

Toute référence au sujet vendredi lors de son discours au collège des Bernardins, sur le thème de la rencontre entre la foi et la culture, sera particulièrement scrutée.

Une «laïcité positive ne constitue pas une menace pour le principe de laïcité, ni même une rupture», a assuré mardi le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d'Etat du Vatican. «Cela signifie seulement que cette laïcité n'est pas aveugle et qu'elle ne méconnaît pas le fait religieux», a expliqué le bras droit du pape dans un entretien accordé à «La Croix» et au «Pèlerin».

De son côté, le cardinal Paul Poupard, ancien président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, a affirmé jeudi sur France 24 que «le pape peut donner des impulsions, des orientations, mais les situations sont très différentes selon les pays».

Selon lui, au cour de sa visite, Benoît XVI devrait «insister sur le respect mutuel entre toutes les croyances, et en même temps ce devoir de tout chrétien d'être le témoin paisible de sa foi dans le respect des autres».

Après une brève rencontre vendredi avec les représentants de la communauté juive à la Nonciature apostolique, une veillée de prière pour les jeunes aura lieu sur le parvis de Notre-Dame, suivie d'un «Chemin de Lumière» qui reliera la cathédrale aux Invalides.

Entre 150.000 et 200.000 fidèles sont attendus pour la messe organisée samedi matin sur l'esplanade des Invalides, un nombre important après le succès mitigé des dernières Journées Mondiales de la Jeunesse organisées à Sydney.

Pour ce voyage court - moins de 72 heures - plus de 9.000 policiers et gendarmes seront mobilisés pour assurer la sécurité du pape, selon le ministère de l'Intérieur. La préfecture de police de Paris va mettre en place un «dispositif de sécurité renforcé», ainsi que d'importantes mesures d'interdiction de la circulation dans le centre de la capitale.

Dimanche matin, la messe pour le 150e anniversaire des apparitions de la Vierge Marie à Lourdes sera l'autre temps fort du programme papal et devrait réunir au moins 80.000 pèlerins.

S'il s'inquiète de l'accueil que lui réserve la France, Benoît XVI pourra se rassurer avec le souvenir de Jean Paul II qui, pour sa première venue en France en 1980, n'avait pas déplacé de grandes foules, avant de susciter l'adhésion que l'on sait. (ap)

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