Première balade historique sur les pas des prostituées
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Première balade historique sur les pas des prostituées

Fleur de pavé sort de l'ombre pour fêter ses 10 ans d'aide aux prostituées. Une visite originale aborde un thème tabou.

Quel discours tient-on sur la prostitution? Comment cette activité a été gérée au fil des siècles? Où s'est-elle déroulée? C'est à toutes ces questions que répondra Nadia Lamamra lors d'une visite unique à travers la ville, le 4 novembre. Le public traversera les quartiers chauds anciens et nouveaux dès 11 h. «On n'est pas dans un truc de voyeuriste», précise-t-elle.

L'historienne s'est appuyée sur une étude universitaire pour évoquer ce sujet encore tabou aujourd'hui. En 1843, la prostitution était considérée comme un vice. «On est passé à une perception plus économique de cette activité, avec une meilleure prise en charge de ces personnes.» Au niveau politique, «il y a toujours eu un double discours: c'est légal et en même temps il y a la volonté de ne pas déranger l'ordre public.»

D'ailleurs, ces femmes se sont déplacées du Rôtillon à Saint-François puis à Montbenon, dans les années 1970. Elles ont ensuite déserté le Flon pour rejoindre Sévelin et Sébeillon, repoussées des zones économiques importantes et des lieux d'habitations par des règlements et les pratiques.

Lors de cette journée anniversaire, le bus de prévention, réservé d'habitude aux femmes durant la nuit, ouvrira ses portes au public, place Saint-François. Pour la coordinatrice de Fleur de pavé, Anne Ansermet, l'objectif est de «mieux faire connaître notre travail et de recruter des membres.»

Sophie Roselli

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