Actualisé 14.10.2015 à 05:48

France

Première personne à obtenir le «sexe neutre»

Née avec un «vagin rudimentaire» et un «micropénis», une personne intersexuée a obtenu en France l'autorisation de faire figurer sur son acte de naissance la mention «sexe neutre».

Le tribunal de grande instance de Tours a ordonné au service de l'état civil de la mairie de la ville de modifier l'acte de naissance d'une personne intersexuée mais enregistrée comme étant de sexe masculin et d'y apposer la mention «sexe neutre», dans un jugement rendu le 20 août 2015, selon le quotidien 20minutes.fr.

«Pour la première fois», écrit ce journal gratuit, «une juridiction française a autorisé une personne à sortir du système binaire masculin/féminin en ordonnant à l'officier d'état civil de la mairie de Tours de modifier son acte de naissance» pour y faire figurer la mention «sexe neutre».

«Le sexe qui [lui] a été assigné à sa naissance apparaît comme une pure fiction (...) imposée durant toute son existence», écrit le magistrat dans son jugement, que 20 Minutes a pu consulter. «Il ne s'agit aucunement de reconnaître l'existence d'un quelconque 'troisième sexe' mais de prendre acte de l'impossibilité de rattacher l'intéressé à tel ou tel sexe», ajoute le magistrat.

«J'ai compris que je n'étais pas un garçon»

Née, selon son médecin, avec un «vagin rudimentaire», un «micropénis», mais pas de testicules, la personne souffre d'avoir été mise dans la case masculine dès sa naissance, précise 20minutes.fr. «A l'adolescence, j'ai compris que je n'étais pas un garçon. Je n'avais pas de barbe, mes muscles ne se renforçaient pas...», a confié cette personne aujourd'hui âgée de de 64 ans, qui a requis l'anonymat, dans une interview exclusive à 20 Minutes.

Craignant que «cette requête ne renvoie à un débat de société générant la reconnaissance d'un troisième genre», le parquet de Tours a fait appel du jugement, ajoute 20 Minutes.

Selon le quotidien gratuit, cette affaire «fait d'ores et déjà avancer la cause des personnes intersexuées qui luttent pour que leur existence soit reconnue dans la société».

(afp)

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