24.07.2020 à 09:36

Istanbul

Première prière musulmane à Sainte-Sophie

Des milliers de Turcs ont prié pour la première fois vendredi dans l’ex-basilique redevenue mosquée. Le président turc Erdogan était présent.

Plusieurs milliers de musulmans participaient vendredi à Istanbul en présence du président turc Recep Tayyip Erdogan, à la première prière dans et autour de l'ex-basilique Sainte-Sophie depuis sa reconversion controversée en mosquée le 10 juillet.

Plusieurs milliers de musulmans participaient vendredi à Istanbul en présence du président turc Recep Tayyip Erdogan, à la première prière dans et autour de l'ex-basilique Sainte-Sophie depuis sa reconversion controversée en mosquée le 10 juillet.

KEYSTONE/EPA/SEDAT SUNA

Plusieurs milliers de musulmans participaient ce vendredi à Istanbul en présence du président turc Recep Tayyip Erdogan, à la première prière dans et autour de l'ex-basilique Sainte-Sophie. L'édifice a été reconverti en mosquée le 10 juillet.

Sainte-Sophie «redevient une mosquée. Si Dieu le veut, elle continuera de servir tous les croyants comme mosquée pour l'éternité», a déclaré le président turc après la prière. Il s'agit de la première prière collective organisée depuis 86 ans à Sainte-Sophie, oeuvre architecturale majeure construite au VIe siècle qui a successivement été une basilique byzantine, une mosquée ottomane et un musée. Le chef de l'Autorité religieuse (Diyanet), Ali Erbas, a ensuite prononcé un prêche.

Puis, les quatre minarets de Sainte-Sophie ont émis l'appel à la prière qui signale le début du rite, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Oeuvre architecturale majeure construite au VIe siècle par les Byzantins qui y couronnaient leurs empereurs, Sainte-Sophie avait été convertie en mosquée par les Ottomans après la prise de Constantinople en 1453, jusqu'à sa transformation en musée en 1934 par le fondateur de la République laïque, Mustafa Kemal.

Statut de musée révoqué

Oeuvre architecturale majeure construite au VIe siècle par les Byzantins qui y couronnaient leurs empereurs, Sainte-Sophie avait été convertie en mosquée par les Ottomans après la prise de Constantinople en 1453, jusqu'à sa transformation en musée en 1934 par le fondateur de la République laïque, Mustafa Kemal. Le 10 juillet, Erdogan a décidé de rendre l'édifice au culte musulman après une décision de justice révoquant son statut de musée.

Plusieurs milliers de fidèles s'étaient rassemblés dans la matinée vendredi autour de Sainte-Sophie pour prendre part à cette prière. «C'est un moment historique. Qu'Allah bénisse Recep Tayyip Erdogan. Il fait de si belles choses. Je suis très émue», a déclaré Aynur Saatçi, une femme au foyer de 49 ans qui a écourté ses vacances dans l'est de la Turquie pour venir prier à Sainte-Sophie.

Plusieurs milliers de musulmans participaient vendredi à Istanbul en présence du président turc Recep Tayyip Erdogan, à la première prière dans et autour de l'ex-basilique Sainte-Sophie depuis sa reconversion controversée en mosquée le 10 juillet.

Plusieurs milliers de musulmans participaient vendredi à Istanbul en présence du président turc Recep Tayyip Erdogan, à la première prière dans et autour de l'ex-basilique Sainte-Sophie depuis sa reconversion controversée en mosquée le 10 juillet.

KEYSTONE/EPA/SEDAT SUNA

Pour d'autres fidèles, la reconversion de Sainte-Sophie en mosquée, critiquée par plusieurs pays, est le symbole d'une Turquie désormais souveraine. «C'est le moment où la Turquie brise ses chaînes. Elle pourra désormais faire ce qu'elle souhaite, sans être soumise à l'Occident», estime ainsi Selahattin Aydas, un commerçant venu prier à Sainte-Sophie. «Personne d'autre que notre président n'aurait pu la retransformer en mosquée», ajoute-t-il.

Pour les analystes, la décision prise par M. Erdogan de reconvertir Sainte-Sophie en mosquée vise à galvaniser sa base électorale conservatrice dans un contexte de difficultés économiques aggravées par la pandémie de nouveau coronavirus.

Le pape «affligé»

La décision du président Erdogan a suscité des condamnations internationales, notamment par la Grèce, voisine de la Turquie, qui l'a qualifiée de «provocation envers le monde civilisé».

Cette mesure a suscité la colère de certains pays, notamment la Grèce qui suit de près le devenir du patrimoine byzantin en Turquie. Le pape François s'est aussi dit «très affligé» par cette reconversion.

(AFP/NXP)

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