Premiers embryons de singe créés par clonage
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Premiers embryons de singe créés par clonage

Des chercheurs américains ont rapporté mercredi avoir créé des embryons de singe par clonage à partir desquels des cellules souches ont été obtenues, une percée qui pourrait un jour aider à la mise au point de nouveaux traitements médicaux chez l'homme.

Les travaux ont été publiés en ligne par la revue scientifique «Nature», qui a entrepris la démarche inhabituelle de demander à une autre équipe de chercheurs de vérifier les travaux avant de les publier.

L'étude est jugée importante car les chercheurs espèrent un jour pouvoir utiliser un tel procédé chez l'homme pour fabriquer des organes à transplanter génétiquement adaptés aux patients pour éviter les risques de rejet.

Les scientifiques cherchaient depuis des années à produire des cellules souches par clonage chez les singes, car ils sont génétiquement très proches de l'homme. Mais jusqu'ici, ils n'avaient pas réussi.

Selon la nouvelle étude, dirigée par Shoukhrat Mitalipov du Centre national de recherche sur les primates de l'Oregon, de l'ADN provenant de cellules de la peau d'un macaque rhésus mâle de 9 ans a été combiné à des ovules non fécondés dont l'ADN du noyau avait été préalablement retiré. Cette opération a permis d'obtenir des embryons, d'où des cellules souches ont été prélevées.

Les chercheurs avertissent que même si leur procédure pouvait être utilisée pour produire des cellules souches humaines, elle est beaucoup trop aléatoire pour être utilisée à des fins médicales à ce stade. Il a ainsi fallu 304 ovules provenant de 14 femelles macaques pour obtenir deux lignées de cellules souches, expliquent-ils.

Reste que selon le Dr. George Daley, de l'Institut de Harvard sur les cellules souches, c'est «une démonstration très importante» que le processus est faisable chez les primates, un groupe qui inclut les singes et l'homme.

«Nature» a également publié une vérification des résultats réalisée par une équipe australienne. Une raison de cette prudence s'explique par le souci d'éviter la réédition d'une fraude retentissante: des chercheurs sud-coréens avaient annoncé en 2004 avoir produit des cellules souches à partir d'un embryon humain cloné, une nouvelle qui avait fait grand bruit mais s'était par la suite révélée fausse.

La revue britannique affirme que cette vérification n'est pas le signe d'une défiance à l'égard des scientifiques dans le domaine du clonage. Elle explique que des «questions seront probablement soulevées sur la véracité des expériences (américaines), étant donné l'histoire récente dans le domaine du clonage» et que c'est un moyen de les prévenir. (ap)

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