«Midsommar»: Préparez-vous à recevoir la baffe horrifique de l'été

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«Midsommar»Préparez-vous à recevoir la baffe horrifique de l'été

Le scénariste et réalisateur américain Ari Aster frappe très fort avec «Midsommar».

par
Catherine Magnin

Ah, des vacances d'été en Europe avec la perspective d'allumer quelques Suédoises… Christian (Jack Reynor) et ses potes s'en réjouissent, mais Dani (Florence Pugh), petite copine de Christian, s'incruste. Encore sous le choc d'un drame familial, elle veut sauver son couple, qui bat de l'aile. Direction la campagne pour un festival où tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, où l'on plane en fumant des herbettes un peu bizarres…

La lumière d'une Suède où le soleil ne se couche jamais, aux antipodes de l'obscurité habituelle des films d'horreur, nimbe des personnages accueillants, vêtus de blancs, souriants. Elle devient vite épuisante, cette lumière. Aveuglante, même. Il n'y a qu'à voir comment réagissent Christian et Dani à la scène sacrificielle dont ils sont témoins peu après leur arrivée. Ce n'est que le premier palier d'une plongée en enfer d'anthologie...

Un an après «Hérédité», Ari Aster mêle des images-chocs frontales à des scènes suggestives qui distillent un soupçon poisseux. Il étire les séquences jusqu'à la limite du supportable. Et dire que le réalisateur a coupé une trentaine de minutes de ce «Midsommar» qui en fait encore 147! En attendant une version longue sur DVD, on savoure la gorge nouée ce trip purement hallucinatoire. Jusqu'au final, extatique, coup de poing qui laisse le spectateur sur un hoquet. Catharsis psychologique salvatrice? Triomphe de la manipulation sectaire? Délire de toute-puissance surnaturelle? Vous aurez tout loisir d'argumenter en faveur d'une interprétation ou de l'autre… quand vous aurez repris vos esprits.

«Midsommar»

D'Ari Aster. Avec Florence Pugh, Jack Reynor, Will Poulter.

Sortie le 31 juillet 2019

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