Votations du 5 juin: Près d'un chômeur sur deux a dit oui au RBI
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Votations du 5 juinPrès d'un chômeur sur deux a dit oui au RBI

Le revenu de base inconditionnel a été balayé dimanche par 76,9% des Suisses. Il a particulièrement été rejeté par les plus de 65 ans. En revanche, le texte a convaincu 45% des sans-emplois et 30% des employés à temps partiel.

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ofu

Un jour après les votations du 5 juin, le sondage en ligne Tamedia - réalisé du 3 au 5 juin - permet d'en savoir un peu plus sur le profil des personnes qui se sont rendues aux urnes. Voici, objet par objet, les éléments centraux à retenir:

Revenu de base inconditionnel (RBI)

Le texte été massivement rejeté par les plus de 65 ans (84%). A l'inverse, c'est les personnes âgées entre 35 et 49 ans qui l'ont le plus accepté (29%). L'approbation a par ailleurs été plus grande en ville (31%) qu'en agglomération (20%) ou qu'à la campagne (21%). Autre point intéressant: alors que les employés à plein temps ou les retraités ne sont que 22% et 16% à avoir soutenu l'initiative, cette dernière a été acceptée par 45% des chômeurs. Les hommes et les femmes au foyer ont également été assez nombreux à soutenir le texte avec 29%.

Révision de la loi sur la procréation médicalement assistée

Plus le niveau de formation et le salaire des votants sont élevés, plus leur approbation au texte a été grande. On constate aussi que seuls les votants UDC ont rejeté la révision (51%). Tous les autres partis l'ont acceptée: PLR (78%), PDC (67%), PS (70%), les Verts (58%), PBD (68%) et Verts'libéraux (75%). L'approbation a par ailleurs été plus marquée en Suisse romande qu'en Suisse alémanique. Le «oui» a ainsi fait un tabac dans le canton de Vaud (85%), à Genève (81,5%) et à Neuchâtel (74,3%) mais aussi dans les cantons catholiques du Jura (70,3%), de Fribourg (67,2%) et du Valais (60%). Ce dernier n'est dépassé que par quatre cantons alémaniques: Zurich (63,1%), Zoug (61,7%), Bâle-Ville (60,5%) et Bâle-Campagne (60,2%). Le Jura bernois a dit «oui» à 63% et le canton de Berne à 56,4%.

Révision de la loi sur l'asile

Ce sont surtout les jeunes et les votants avec un niveau de formation et un revenu élevés qui ont dit oui au texte. Ainsi, 70% des 18-34 ans ont accepté la révision alors que les plus de 65% n'étaient «que» 65% à glisser un oui dans l'urne. 83% des personnes au bénéfice d'un diplôme universitaire ont soutenu le texte contre «seulement» 56% des votants titulaires d'un diplôme de l'école obligatoire. Sans surprise, seuls les sympathisants de l'UDC ont massivement rejeté la révision (70%). Les votants des autres partis ont en revanche largement accepté le texte: PLR (81%), PDC (81%), PS (91%), les Verts (82%), PBD (80%), les Verts'libéraux (94%).

Initiative dite «vache à lait»

C'est l'inverse qui se présente avec le texte «Pour un financement équitable des transports», rejeté à 70,8% des voix, qui voulait allouer la totalité des impôts sur les carburants à la route. Ici, ce sont surtout les jeunes qui ont rejeté l'initiative. 79% des 18-34 ans ont glissé un non dans l'urne contre «seulement» 66% des plus de 65 ans. Le rejet a par ailleurs été plus marqué chez les citadins (78%) que chez les personnes habitant dans une agglomération (70%) ou à la campagne (67%). Il est intéressant de noter ici que plus la confiance des votants envers le Conseil fédéral est basse, plus ils ont été nombreux à accepter le texte.

Initiative «En faveur du service public»

Les personnes âgées ont été plus nombreuses à glisser un oui dans l'urne que les jeunes votants: 38% des plus de 65 ans et 36% des 50 à 64 ans ont accepté le texte, rejeté à 67,6% des voix. Les 18 à 34 ans n'étaient que 26% alors que les 35 à 49% n'étaient que 30% à avoir soutenu l'initiative. Chose étonnante: 43% des personnes n'empruntant jamais les transports publics ont accepté le texte alors que seuls 27% des utilisateurs quotidien l'ont soutenu. Une bonne nouvelle pour les CFF: leurs principaux clients ont été moins nombreux à accepter l'initiative que ceux qui ne voyagent jamais en bus ou en train.

Pour conclure, les politologues Lucas Leemann et Fabio Wasserfallen - qui ont réalisé le sondage pour Tamedia, éditeur de «20 minutes» - rappellent que le peuple suisse a suivi les recommandations de vote du Conseil fédéral pour tous les cinq objets. Selon les experts, la confiance envers le gouvernement a contribué aux résultats nets enregistrés pour les deux projets de loi et l'initiative dite «vache à lait».

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