Suisse: Près de 10% des lits de soins intensifs sont inutilisés, faute de personnel

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SuissePrès de 10% des lits de soins intensifs sont inutilisés, faute de personnel

Alors que le monde politique réclame la création de lits supplémentaires, c’est tout le contraire qui a lieu dans les hôpitaux en raison du manque de personnel soignant.


Les unités de soins intensifs doivent faire face à de grosses difficultés pour assurer la relève.


Les unités de soins intensifs doivent faire face à de grosses difficultés pour assurer la relève.

Urs Jaudas/Tamedia AG

Tout le monde s’en souvient: le Conseil fédéral a pris ses mesures anti-Covid en se calquant sur les capacités de prise en charge des malades des unités de soins intensifs. Du coup, afin d’éviter les restrictions à l’avenir, certains membres de la Commission de la santé du National souhaitent obliger les cantons à augmenter de 10% ces unités. Ceux qui ne le font pas devraient financer de telles places dans d’autres cantons.

Nombreuses démissions

Hic: c’est l’inverse qui se produit actuellement dans les hôpitaux, relève mercredi le «Tages-Anzeiger». Le problème n’est pas matériel, il est humain. En effet, de nombreux infirmiers spécialisés ont démissionné en raison de la charge de travail élevée.

C’est ce qui ressort du dernier rapport du Service sanitaire coordonné (SSC), qui surveille les capacités du secteur de la santé. Et certains hôpitaux ont perdu jusqu’à 20% de leur personnel dans les soins intensifs depuis le début de la pandémie. Sur les 880 lits existant en Suisse, plus de 10% ne pourraient actuellement pas être exploités, faute de personnel.

Le recrutement est un défi

«Compenser les départs par de nouveaux engagements est un défi en raison de la pénurie de personnel qualifié pour les soins intensifs dans toute la Suisse», explique une porte-parole de l’Hôpital de l’Île à Berne. L’établissement a bien créé des places de formation supplémentaires dans ce domaine, mais elles n’ont pas toutes été pourvues jusqu’ici, faute de candidatures. À Zurich, on connaît la même situation. Dans les deux hôpitaux universitaires, tous les lits en soins intensifs ne peuvent ainsi pas être utilisés.

En revanche, les établissements de Bâle, Genève et Lausanne n’ont pas ce problème. Mais l’Hôpital du Valais a dû lui aussi repousser cet été des opérations non urgentes, faute de personnel, là aussi. 

(cht)

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