Actualisé 16.01.2015 à 11:24

Deuxième pilier

Près de 2,7 milliards attendent d'être récupérés

Près de 600'000 comptes dorment auprès des caisses de pension, qui ont perdu toute trace de leurs propriétaires. Quelque 2,7 milliards de francs attendent ainsi d'être réclamés.

L'argent du 2e pilier est souvent oublié au moment d'un changement d'emploi ou lors d'une pause dans la vie professionnelle, a expliqué Max Meili, le directeur de la Fondation institution supplétive LPP.

Ensuite, c'est à l'employeur de décider s'il va verser l'argent de ses anciens employés dans la caisse des nouveaux employés ou s'il veut transférer cet argent sur un autre compte. S'il ne fait rien, l'argent atterrit deux ans plus tard sur les comptes de l'institution supplétive.

Celle-ci prend contact, quand c'est possible, avec le propriétaire du compte. Si cette personne a déménagé en plus d'avoir changé d'emploi, cette recherche peut se révéler difficile. L'institution supplétive gère l'argent jusqu'à ce qu'elle retrouve le propriétaire du compte.

De 10 centimes à 4500 francs

Grâce à un meilleur enregistrement des données, les titulaires d'un compte dormant sont plus facilement retrouvés, a précisé Max Meili. A moyen terme, l'institution supplétive devrait réussir à mettre la main sur près de 34% des titulaires des 900'000 comptes actuellement orphelins, 62% d'entre eux sont en revanche considérés comme «non distribuables».

Mais en chiffres absolus, le nombre de comptes qui ne pourront pas être attribués à un salarié qui a cotisé est en augmentation. On en dénombrait 599'212 l'an dernier contre 426'303 il y a cinq ans. La fondation supplétive gère ainsi 2,7 milliards de francs, soit un milliard de plus qu'en 2009.

En général, ce sont les plus petits fonds de pension qui oublient des comptes, qui finissent par atterrir à la fondation supplétive. Sur certains comptes, on ne trouve que 10 centimes, mais la moyenne tourne plutôt autour de 4500 francs.

Max Meili explique la hausse de ces comptes oubliés par la mondialisation. Les Suisses passent souvent une partie de leur vie à l'étranger, que ce soit pour le travail ou un congé sabbatique. Et ils oublient d'en informer leur caisse de pension et de transférer leurs avoirs sur un compte de libre passage.

Les étrangers sont aussi plus nombreux à travailler en Suisse. Ne connaissant pas forcément les astuces du 2e pilier, ils rentrent dans leur pays d'origine sans avoir fait les démarches nécessaires.

Près de 33'000 demandes en 2014

Si l'on craint d'avoir égaré une partie de son 2e pilier, on peut s'adresser à la centrale du 2e pilier. Cet organisme a reçu 33'000 demandes en 2014, beaucoup plus que quelques années plus tôt, selon cette centrale.

Les gens, alertés par des articles de presse, se montrent plus actifs. Et les cantons font par exemple davantage de recherches quand il s'agit d'attribuer une prime d'aide sociale ou des prestations complémentaires.

Demander est recommandé. Dans 42% des cas, un ou plusieurs comptes sont découverts. L'année dernière, l'institution supplétive a pu reverser la somme record de 940 millions de francs. (ats)

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