Blanchiment d'argent : Près de 3 milliards de valeurs suspectes 2013
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Blanchiment d'argent Près de 3 milliards de valeurs suspectes 2013

Le nombre de dénonciations pour soupçons de blanchiment d'argent a reculé l'an dernier en Suisse. Mais les sommes de valeurs suspectes sont restées proches de 3 milliards de francs.

En 2013, les intermédiaires financiers ont annoncé 1411 cas suspects au Bureau de communication en matière de blanchiment d'argent (MROS): ce sont 174 communications de moins que l'année d'avant. Ce recul est dû à l'absence d'événement politique majeur, contrairement aux années marquées par le printemps arabe, a indiqué jeudi le MROS en publiant ses statistiques annuelles.

La diminution des annonces n'a pas eu beaucoup d'effets sur les sommes en jeu, qui ont frôlé les 3 milliards (3,16 milliards en 2012). Six communications ont totalisé près de 1,5 milliard.

Pyramide

Plusieurs se référaient à une affaire de corruption présumée, les autres à une escroquerie selon le système de Ponzi (montage financier consistant à rémunérer les premiers investisseurs par les fonds procurés par les nouveaux entrants, comme dans l'affaire Madoff). Tous ces cas présumés de blanchiment d'argent avaient été précédés d'une infraction préalable commise à l'étranger.

L'escroquerie est restée en tête des infractions préalables présumées. Les cas liés à une intervention frauduleuse d'un ordinateur ont nettement augmenté, a constaté le Bureau de communication. Il s'agit dans la grande majorité de cas de hameçonnage.

Terrorisme et bourses

Le nombre de communications reposant sur des soupçons de financement du terrorisme a plus que doublé pour atteindre 33. Cette progression est due à une seule affaire complexe qui a occasionné 25 communications. Les montants en jeu sont peu élevés (environ 450'000 francs).

Les nouvelles infractions préalables boursières - exploitation d'informations d'initié et manipulation de cours, en vigueur depuis mai dernier - ont aussi suscité des communications. Le Bureau de communication n'a pas le droit de donner davantage d'informations sur les affaires, généralement entre les mains de la justice entre-temps.

Vu le recul du nombre général de cas, le MROS se félicite d'avoir eu plus de temps pour approfondir ses analyses et solliciter davantage ses homologues étrangers pour des renseignements afin de monter des dossiers mieux étayés. Il en résulte un recul du taux de cas livrés aux autorités de poursuite pénale, de près de 86% à 79%. Cela correspond à 1116 affaires pesant près de 2,8 milliards de francs. (ats)

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