Nigeria: Près de 40 tués à la veille de Noël
Actualisé

NigeriaPrès de 40 tués à la veille de Noël

Une série sans précédent d'attentats à la bombe et d'attaques d'églises ont fait trente huit tués à la veille de Noël au Nigeria.

Trente deux personnes sont décédées et 74 ont été blessées dans sept explosions en deux endroits de la ville de Jos.

Trente deux personnes sont décédées et 74 ont été blessées dans sept explosions en deux endroits de la ville de Jos.

Les autorités nigériennes ont tenté samedi de contenir les violences dans ce pays divisé entre un nord majoritairement musulman et le sud principalement chrétien.

Trente deux personnes sont décédées et 74 ont été blessées dans sept explosions en deux endroits de la ville de Jos (centre), qui marque la limite entre le nord et le sud, selon la police. Beaucoup étaient en train de faire leurs courses de Noël.

L'armée patrouillait dimanche dabs la ville de Jos. Elle souhaitait éviter la propagation de nouvelles violences.

Suggestion lancée

Le chef d'état-major de l'armée, le général Azubuike Ihejirika, a estimé que les attentats de Jos, sans précédent, changeaient la donne dans la région.

Egalement vendredi, dans la ville de Maiduguri (nord), des membres présumés d'une secte islamiste ont attaqué trois églises, brûlant l'une d'elles et faisant six tués, a dit l'armée. Aucun lien n'était dans un premier temps établi entre ces violences intervenues à la veille de Noël dans le pays le plus peuplé d'Afrique.

Dans une première réaction, le président nigérian Goodluck Jonathan a promis que le gouvernement «ferait tout ce qui est nécessaire pour assurer que les responsables des explosions mortelles de Jos soient traduits en justice». La situation était particulièrement tendue dans cette ville, théâtre dans le passé de troubles intercommunautaires qui ont fait des dizaines de tués cette année.

Dresser chrétiens contre musulmans

Dimanche, le pape Benoît XVI a déploré lors de la prière de l'angélus «les violences absurdes» contre les chrétiens au Nigeria et aux Philippines.

Au lendemain des violences, la police a cherché samedi à calmer la situation. Des habitants avaient signalé qu'un groupe de jeunes avaient placé un barrage sur une route conduisant au lieu d'une des explosions et incendié cinq véhicules.

«C'est la première fois que des explosifs de cette puissance sont utilisés», apparemment de la dynamite, a dit le commissaire Abdulrahman Akano de la police de l'Etat du Plateau dont Jos est la capitale.

La police n'avait pas encore déterminé qui était derrière les attentats, a-t-il dit. Pour le gouverneur du Plateau, Jonah David, «le but des instigateurs (des attentats) est de dresser les chrétiens contre les musulmans et de déclencher un nouveau cycle de violences qui culmineraient dans le sabotage des activités pré- électorales».

Eglise incendiée

Dans le nord du pays, les attaques d'églises à Maiduguri sont les dernières violences en date attribuées à la secte islamiste Boko Haram. Dans une église baptiste, cinq fidèles, dont un pasteur, ont été tués, a déclaré le lieutenant Abubakar Abdullahi.

Dans une autre partie de la ville, considérée comme un «fief» islamiste, un garde a été tué par des membres présumés de Boko Haram, qui ont attaqué une église, a ajouté le porte-parole militaire. Des soldats nigérians ont réussi à empêcher une autre attaque visant une troisième église à Maiduguri. Une église baptiste a été incendiée, ainsi que la maison du pasteur située à proximité.

Etat islamiste «pur»

Au cours des cinq derniers mois, plus de 50 personnes ont été tuées à Maiduguri, dont des policiers, des soldats, des religieux, des chefs locaux et des politiciens. Les tueurs, des hommes circulant à moto, feraient partie de la secte Boko Haram.

La secte, qui se réclame des talibans d'Afghanistan, affirme vouloir instaurer un Etat islamiste «pur». Son nom en langue Haoussa signifie «l'éducation occidentale est un péché». L'an dernier, le soulèvement de ce groupe et un affrontement avec les forces de l'ordre avaient fait plus de 800 tués en quelques jours. (ats)

Ton opinion