Pakistan: Près de 400 000 déplacés fuient les combats
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PakistanPrès de 400 000 déplacés fuient les combats

L'ONU a qualifié lundi de «crise humanitaire majeure» l'afflux de centaines de milliers d'habitants qui fuient les combats de la vallée de Swat et ses environs.

L'armée poursuit son offensive contre les talibans dans cette région du nord-ouest du Pakistan.

Plus de 360 000 personnes ont été enregistrées dans des camps de déplacés ces dix derniers jours. Elle viennent des districts de Swat, Buner et Lower Dir, a déclaré à l'AFP Manuel Bessler, le coordinateur des affaires humanitaires de l'ONU au Pakistan.

Il redoute que le nombre des déplacés de Swat et sa région n'atteigne les 800 000 d'ici à la fin de l'année.

Sous les bombes des avions et des hélicoptères de l'armée, et la menace des talibans qui résistent, «les gens sont piégés dans une zone fantôme où ils sont laissés à eux-mêmes, sans aucune assistance», a déploré le responsable onusien. La nourriture se fait rare à Swat et les hôpitaux sont sous-équipés, a-t-il ajouté.

Le gouvernement ne livre aucun chiffre officiel, mais certains responsables locaux évoquent désormais un demi-million de déplacés depuis le début de l'offensive militaire.

Le Premier ministre pakistanais Yousuf Raza Gilani a assuré lundi devant le parlement qu'une conférence internationale de donateurs se réunirait bientôt à Islamabad. Elle devrait réunir des fonds pour faire face à l'afflux de centaines de milliers de personnes qui fuient les combats contre les talibans dans le nord-ouest.

Il a indiqué qu'un fonds d'aide a été ouvert auprès de ses services et a appelé «tous les philanthropes à donner généreusement». Mais il n'a fixé ni la date, ni les modalités de la conférence, ni indiqué qui y participerait.

Attentat en représailles

Les militaires ont affirmé avoir tué en 24 heures 52 combattants islamistes liés à Al-Qaïda. A ce jour, au fil de bilans quotidiens impossibles à vérifier de sources indépendantes, l'armée a assuré avoir tué au moins 780 talibans et perdu seulement une vingtaine d'hommes.

Lundi matin, un nouvel attentat suicide visant les soldats a tué au moins 10 personnes, dont huit passants, probablement en représailles à l'offensivede l'armée.

Les talibans s'étaient emparés il y a deux ans de la vallée de Swat, le site le plus touristique du pays. L'armée n'avait jamais réussi à les en déloger durablement.

A la mi-février, Islamabad avait signé un accord de paix en vertu duquel les talibans acceptaient un cessez-le-feu. En échange, ils avaient obtenu l'instauration, à Swat et dans six autres districts, de tribunaux islamiques.

Mais, loin de déposer les armes, les combattants islamistes avaient profité du cessez-le-feu pour pousser leur avantage sur le terrain. Ils s'étaient emparé des districts voisins du Lower Dir et de Buner, à une centaine de kilomètres d'Islamabad.

Abdication face aux islamistes

Sous la pression intense de Washington, Islamabad a lancé il y a quinze jours son armée dans une vaste opération de reconquête du Lower Dir, de Buner puis de Swat. Les Etats-Unis qualifiaient l'accord de Swat d'abdication face aux islamistes.

Washington estime qu'Al-Qaïda a reconstitué ses forces, et les talibans afghans leurs bases arrières, dans les zones tribales du nord-ouest du Pakistan, frontalières avec l'Afghanistan.

(ats)

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