Actualisé 18.08.2014 à 14:57

SuissePrès de 50'000 femmes au foyer ont fait des études

La Suisse compte 50'000 ménagères ayant fait des études universitaires ou équivalentes. Berne investit ainsi plus de 5,5 milliards de francs «dans le vide».

de
Désirée Pomper/ofu

Un nombre croissant de femmes ayant fait des études universitaires ou dans une Haute école choisissent de rester à la maison afin de s'occuper de leur enfant au lieu de faire carrière. En 2013, le pays comptait près de 50'000 Suissesses à se retrouver dans une telle situation, selon de récents chiffres de l'Office fédéral de la statistique. A titre comparatif, elles n'étaient que 32'000 à avoir fait ce choix en 2003. Si le nombre de femmes au foyer disposant d'un niveau de formation élevé a augmenté au cours des dix dernières années, le nombre de ménagères en Suisse n'a cessé de baisser, passant de 317'000 en 2003 à 226'000 en 2013.

De manière générale, les formations du degré tertiaire sont financées par la Confédération et les cantons. Une année académique dans une université ou une Haute école coûte en moyenne 23'000 francs. Un cursus de cinq ans revient ainsi à environ 115'000 francs, selon des calculs effectués par la Chambre de commerce Saint-Gall-Appenzell. Concrètement, 5,75 milliards de francs ont ainsi été investis dans la formation de femmes qui ne travaillent pas actuellement.

Augmenter le prix des études?

Quelles sont les raisons qui poussent ces femmes à abandonner leur travail? Et quelles sont les conséquences d'une telle évolution? Pour Rudolf Minsch, économiste en chef d'economiesuisse, il s'agit ici d'un retour sur investissement «misérable». «On dépense des milliards pour la formation de femmes qui, au final, n'apportent rien à l'économie.» Même si une femme décide de réintégrer le marché du travail après plusieurs années d'interruption, elle sera moins productive, estime-t-il: «Lorsqu'une personne disposant d'une bonne formation se remet à travailler après plusieurs années de pause, elle est souvent obligée d'accepter un poste qui ne correspond plus à ses qualifications», explique Rudolf Minsch. Une des raisons pour lesquelles un nombre croissant de Suissesses décident de rester à la maison est, selon l'expert, le fait que les impôts et le frais liés à la garde d'enfants augmentent lorsque les deux parents travaillent.

Kurt Weigelt, directeur de la chambre de commerce Saint-Gall-Appenzell, pense qu'il faudrait augmenter les frais d'études: «Actuellement, les études en soi ne coûtent presque rien. C'est donc normal que les personnes n'ont pas de remords à quitter le marché du travail. Si, au contraire, quelqu'un investit beaucoup d'argent dans sa formation, alors il y réfléchira à deux fois avant de prendre cette décision.»

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