Etats-Unis: Près de 50 arrestations à Ferguson

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Etats-UnisPrès de 50 arrestations à Ferguson

La police a procédé à 47 arrestations dans la nuit à Ferguson, une ville du Missouri secouée par des émeutes déclenchées après le décès d'un jeune Noir abattu par un policier blanc.

Le ministre américain de la Justice, Eric Holder, était attendu mercredi à Ferguson, petite ville du Missouri qui a connu sa première nuit relativement calme après dix jours d'émeutes raciales. Il a fait la «promesse» que l'enquête «serait complète, équitable et indépendante».

Un grand jury, chargé de décider s'il y a lieu de poursuivre le policier qui a abattu un jeune Noir non armé le 9 août, doit commencer à étudier l'affaire mercredi. Un porte-parole du procureur du comté de Saint-Louis avait indiqué la veille que les premières éléments de l'enquête leur seraient présentés.

M. Holder, lui-même d'origine afro-américaine, se rend dans cette ville du centre des Etats-Unis à la demande du président Barack Obama. Dans la matinée, il doit y rencontrer des responsables locaux mais aussi des enquêteurs du FBI et des procureurs.

«Pour commencer le processus de réconciliation, les actes de violence doivent avant tout cesser dans les rues de Ferguson», a-t-il plaidé. Il a estimé que les actes d'une minorité d'individus étrangers à la ville «affectent gravement, plutôt qu'ils ne la font avancer, la cause de la justice».

Près de 50 arrestations

Pour la première fois en une dizaine de jours, les manifestations se sont déroulées globalement dans le calme dans la nuit de mardi à mercredi. La police a toutefois annoncé avoir arrêté 47 personnes dans la nuit.

Plusieurs centaines de manifestants s'étaient encore rassemblées mardi soir pour exprimer leur colère et réclamer justice, près de l'endroit où Michael Brown, 18 ans, a été tué dans des circonstances controversées.

«Ne tirez pas!» scandaient-ils, les mains en l'air, à l'attention des membres des forces anti-émeute. Après avoir pendant une dizaine de nuits tenté d'assurer le maintien de l'ordre avec des blindés et des jets de gaz lacrymogène, la police a opté pour un profil bas.

Accusée de brutalités par de nombreux habitants de cette ville à population majoritairement noire, la police n'est intervenue que brièvement pour mettre fin à une altercation. Les manifestants ont pu reprendre leur marche dans le calme, selon un journaliste de l'AFP.

Note... carnavalesque

L'arrivée inattendue sur place d'un «train de la paix» provenant d'un parc d'attractions pour enfants et diffusant la chanson du chanteur noir décédé Marvin Gaye «What's going on» (Que se passe-t-il) a même apporté une note carnavalesque à la manifestation.

Vers minuit (07h00 suisse mercredi), la police a repoussé les manifestants qui restaient, sans faire usage de gaz lacrymogène, vers une aire de protestation nouvellement établie.

Mais une heure plus tard, 47 personnes qui jetaient des bouteilles d'eau et d'urine sur les policiers ont été arrêtées, a annoncé à la presse Ron Johnson, capitaine de police responsable du maintien de l'ordre. Il a précisé que trois armes avaient été saisies. (ats/afp)

Dons pour les obsèques

Les avocats de la famille de Michael Brown ont précisé mardi que ses funérailles-lundi- seraient «publiques» et se dérouleraient sous l'égide de «leaders nationaux». Mercredi matin, plus de 100'000 dollars (quelque 90'000 francs) de dons avaient été récoltés sur un site pour financer les frais des obsèques.

Pas moins de trois autopsies ont été demandées, par les autorités locales, la famille et le ministre de la Justice, pour faire la lumière sur les circonstances de la mort de Michael Brown.

Les versions de la police et de plusieurs témoins divergent. Pour les uns, Michael Brown aurait tenté de se saisir de l'arme du policier qui l'a abattu. Pour plusieurs témoins, dont l'ami de Michael Brown qui l'accompagnait, il avait les mains en l'air. Lundi, les résultats de l'autopsie demandée par la famille ont conclu que le jeune homme avait été atteint d'au moins six balles.

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