Massacre à «Charlie Hebdo»: Près de quatre millions de manifestants en France
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Massacre à «Charlie Hebdo»Près de quatre millions de manifestants en France

3,7 millions de personnes sont descendues dans les rues de France dimanche dans le cadre de la marche contre le terrorisme. C'est le plus grand rassemblement de l'histoire du pays.

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05.01.2017 De courtes et sobres hommages, avec dépôts de gerbes et minutes de silence, ont eu lieu jeudi à Paris en mémoire des victimes des attentats de janvier 2015 contre l'hebdomadaire «Charlie Hebdo»...

05.01.2017 De courtes et sobres hommages, avec dépôts de gerbes et minutes de silence, ont eu lieu jeudi à Paris en mémoire des victimes des attentats de janvier 2015 contre l'hebdomadaire «Charlie Hebdo»...

AFP/Eric Feferberg
...et le magasin Hyper Cacher, qui avaient fait 17 morts.

...et le magasin Hyper Cacher, qui avaient fait 17 morts.

AFP/Eric Feferberg
27.08.2016 Le beau-frère de l'un des auteurs de l'attaque contre Charlie Hebdo a été mis en examen pour «association de malfaiteurs terroriste en vue de préparation d'actes de terrorisme».

27.08.2016 Le beau-frère de l'un des auteurs de l'attaque contre Charlie Hebdo a été mis en examen pour «association de malfaiteurs terroriste en vue de préparation d'actes de terrorisme».

Paris a connu dimanche un rassemblement d'une ampleur inouïe pour dire non au terrorisme, une marche marquée aussi par la stupéfiante image de dirigeants internationaux côte à côte.

Plus de 2,5 millions de manifestants ont été décomptés dans les différentes villes de province. A Paris, ils étaient entre 1,2 et 1,6 million, mais le comptage précis a été rendu impossible par l'affluence exceptionnellement massive, a ajouté le ministère. La foule s'est dispersée peu après 20h et «aucun incident» n'a été rapporté à cette heure, a annoncé la police.

Le rassemblement est «sans précédent» et un comptage officiel est «impossible», a reconnu le gouvernement, alors que plus de deux million de personnes ont aussi manifesté en province, pour exprimer leur solidarité avec les victimes d'une série d'attaques ayant fait 17 morts et une vingtaine de blessés en trois jours en France. Il pourrait s'agir de la plus importante mobilisation en France depuis la Libération en 1944.

Dans une atmosphère à la fois recueillie et joyeuse, solennelle et bon enfant, une foule de tous âges a envahi les grandes artères menant à la place centrale de la République, lieu de départ du cortège organisé. Mais beaucoup doutaient d'y arriver avant plusieurs heures.

La marche était également inédite par sa dimension planétaire et cette image de dirigeants et responsables étrangers dont certains sont en conflit - Israël-Palestine, Ukraine-Russie... - serrés les uns contre les autres et défilant sur quelques centaines de mètres.

Minute de silence

François Hollande entouré du président malien Ibrahim Boubacar Keita et de la chancelière allemande Angela Merkel, le président palestinien Mahmoud Abbas à quelques mètres du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le Britannique David Cameron, le roi de Jordanie, ont été applaudis par la foule à leur arrivée à la marche, et ont observé une minute de silence. Après avoir fait environ 300 mètres d'un parcours qui compte au total 3,5 kilomètres, ils ont quitté le défilé pour retourner à l'Elysée, siège de la présidence française.

M. Hollande a ensuite longuement salué les familles et proches des victimes, qui étaient en tête du cortège.

«Paris est aujourd'hui la capitale du monde. Le pays tout entier va se lever vers ce qu'il a de meilleur», avait prédit le président français peu avant de rejoindre les manifestants brandissant des slogans tels que «Faites l'humour pas la guerre», «Paris stand up for freedom». Plus loin, l'Hymne à la joie de Beethoven retentissait depuis une fenêtre donnant sur le parcours, sous les applaudissements de la foule.

-«Je suis Charlie, je suis juif, je suis policier» : ce slogan résumait l'hommage rendu aux victimes de ces attaques : douze morts, dont sept journalistes, et deux policiers mercredi dans l'attentat contre l'hebdomadaire satirique à Paris, une policière tuée jeudi près de Paris, et quatre Juifs tués dans la prise d'otages vendredi dans un supermarché casher à Paris.

«Tous unis»

«On est tous unis, réunis, ravis», souriait René Sartore, un cadre de 43 ans, tandis que Lassina Traore, un Français musulman, voyait dans cette marche «un signe de la force de la France». «On peut vivre ensemble parce qu'on partage les mêmes valeurs», assurait de son côté Daniel, 30 ans, musicien et juif.

Sur la place de la République, les manifestants agitaient des drapeaux français, mais aussi de Palestine, de Tunisie, d'Ukraine, du Liban, débattaient ou communiaient dans l'émotion et la solidarité.

Fait rarissime en France, les forces de l'ordre ont été applaudies et saluées par les manifestants. D'autres manifestations de patriotisme, plutôt inhabituelles, comme la Marseillaise, l'hymne national français, ou des drapeaux français brandis, ont été signalés.

Le parcours du défilé était sous haute protection policière, avec des tireurs d'élite postés tout au long du parcours.

Le monde entier à l'unisson

Des manifestations étaient aussi en cours dimanche dans de nombreuses capitales d'Europe et d'Amérique, avec des milliers de personnes réunies à Madrid, Londres, Bruxelles ou Washington.

De leur côté, les enquêteurs progressaient dans leurs investigations concernant Amedy Coulibaly, l'un des trois jihadistes impliqués dans les attaques qui ont secoué la France.

Auteur de la prise d'otages du supermarché juif dans l'est de Paris (dont les quatre victimes juives seront inhumées en Israël) et du meurtre d'une policière à Montrouge, dans la proche banlieue parisienne, Coulibaly est en outre soupçonné de l'agression d'un joggeur mercredi, grièvement blessé par balles.

A l'épopée sanglante menée ces derniers jours par ce délinquant multirécidiviste de 32 ans -déjà condamné dans une affaire d'extrémisme islamiste, pourrait s'ajouter l'explosion d'une voiture piégée jeudi soir à Villejuif, près de Paris.

C'est en tout cas ce qu'affirme une vidéo postée dimanche matin sur internet.

Lutte contre le terrorisme

Dans la matinée de ce dimanche historique, une conférence internationale sur le terrorisme a eu lieu à Paris. Les ministres européens et américain de l'Intérieur ont appelé à renforcer les contrôles des mouvements aux frontières extérieures de l'Union européenne. Un sommet pour combattre l'extrémisme se tiendra le 18 février aux Etats-Unis, a annoncé le ministre américain de la Justice, Eric Holder.

Avant d'être tués par les commandos français vendredi, les frères Chérif et Saïd Kouachi, responsables de la tuerie à Charlie Hebdo, ont affirmé agir au nom d'Al-Qaïda tandis qu'Amedy Coulibaly s'est revendiqué du groupe Etat islamique.

Eric Holder a toutefois estimé dimanche qu'il n'y avait «pas d'information crédible» attestant qu'Al-Qaïda ou que l'EI soit derrière les attentats.

«La France n'en a pas terminé avec les menaces», a averti vendredi le président français, alors que le gouvernement a reconnu «des failles» dans la sécurité du pays engagé sur plusieurs théâtres d'opération contre les mouvements jihadistes.

Selon un sondage publié dimanche, plus de huit Français sur dix disent craindre d'autres attentats dans les semaines à venir. (afp)

Netanyahu remercie l'employé musulman du supermarché casher de Paris qui a sauvé des otages en les cachant

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a «remercié» dimanche Lassana Bathily, l'employé musulman du supermarché casher de Paris qui a sauvé vendredi les vies de plusieurs clients du magasin en les aidant à se cacher du preneur d'otages Amedy Coulibaly.

Dans un discours à la Grande synagogue de Paris, le chef du gouvernement de l'Etat hébreu a également salué «la position très ferme» et la 'détermination« du président français François Hollande et du Premier ministre Manuel Valls »contre le nouvel antisémitisme et le terrorisme".

Hollande et Netanyahu ovationnés à la Grande synagogue de Paris

Le président français François Hollande et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ont été ovationnés dimanche soir à leur entrée dans la Grande synagogue de Paris, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Les deux dirigeants participent à une cérémonie d'hommage à «toutes les victimes» des attentats de Paris, parmi lesquels figurent quatre juifs tués vendredi par Amedy Coulibaly, le preneur d'otages d'un supermarché casher de la capitale française.

Dans l'assistance, certains ont scandé «Bibi», le surnom de M. Netanyahu, et «Israël vivra, Israël vaincra» agitant le drapeau de l'Etat hébreu.

Sommaruga impressionnée

La présidente de la Confédération Simonetta Sommaruga s'est montrée impressionnée par la marche de solidarité à laquelle elle a pris part dimanche à Paris.

«Cela m'a personnellement émue», a-t-elle déclaré à l'ats. On a senti de cet énorme rassemblement «une force commune».

La Bernoise, arrivée à l'Elysée à Paris peu avant 13h00 dimanche, a défilé aux côtés d'une cinquantaine chefs d'Etat et de gouvernement sur la Place de la République pour dénoncer la tuerie mercredi dernier à la rédaction du journal satirique «Charlie Hebdo» et la violence qui a déferlé par la suite. «Tous ces hommes d'Etat se sont levés en personne pour défendre nos valeurs communes», a-t-elle déclaré.

Mme Sommaruga se trouvait en première ligne de la marche, aux côtés de l'Italien Matteo Renzi, de l'Ukrainien Petro Porochenko et non loin de Mahmoud Abbas.

La présidente suisse s'est montrée particulièrement impressionnée par la masse de personnes réunies toutes ensemble au centre de Paris, ajoutant avoir vécu un grand moment d'ouverture. «Après les récents événements, «la lutte pour les valeurs communes est encore plus nécessaire», a déclaré la conseillère fédérale.

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