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MaldivesPrésidentielle au paradis du tourisme de luxe

Les Maldives organisent mercredi leur toute première élection présidentielle multipartite.

Le scrutin pourrait sonner la fin de 30 ans d'autocratie pour le chef de l'Etat de ce paradis du tourisme de luxe d'Asie du Sud, frappé il y a un an par le terrorisme islamiste.

Ce pays de l'océan Indien s'est doté en juin d'une Constitution imposant la tenue de ce scrutin ouvert à cinq concurrents du président Maumoon Abdul Gayoom, 71 ans, au pouvoir depuis 1978 au total et qui avait échappé dix ans plus tard à un coup d'Etat militaire.

Espérant repartir pour un septième quinquennat, M. Gayoom s'est affiché dimanche, lors d'un ultime meeting, en «dirigeant protecteur de nos libertés, religion et culture» et comme vigie du réchauffement climatique et de la montée des océans qui menacent d'engloutir bon nombre d'îlots de cet archipel corallien au sud de l'Inde.

Dépeint par ses opposants comme un «dictateur», il n'en a pas moins accepté le jeu démocratique au terme d'un processus de libéralisation politique amorcé en 2004.

360 000 habitants

Les partis sont autorisés depuis 2005 après des manifestations dans cette République islamique laïque de 360 000 musulmans sunnites, disséminés sur 1192 îles et atolls aux célébrissimes eaux couleur turquoise et plages de sable blanc.

Dans ce paysage de carte postale - destination prisée des couples fortunés en lune de miel et des stars - la campagne a battu son plein dans la capitale Malé et sur de minuscules terres émergées ralliées par les candidats en hydravion.

Le grand rival du président Gayoom est lui un ancien prisonnier politique, selon Amnesty International, fondateur du Parti démocratique des Maldives (MDP), Mohamed Anni Nasheed.

D'après lui, le chef de l'Etat a perdu pied avec la réalité des Maldives. Derrière la façade du tourisme de rêve, la jeunesse s'ennuie et est ravagée par la drogue, pendant que la corruption gangrène la classe politique.

Second tour possible

«Nous avons vécu 30 ans de dictature. On ne pouvait pas parler politique sans être jeté en prison», affirme Razana, militante de l'opposition. «Aujourd'hui, face aux fléaux de la drogue, du chômage et de la corruption, il nous faut quelqu'un de nouveau», plaide-t-elle également.

Selon un sondage réalisé par le site internet Minivannews.com, MM. Gayoom et Anni Nasheed sont au coude à coude et aucun ne raflera plus de 50 % des voix mercredi. Un second tour se tiendrait alors dans dix jours.

Tension évoquée

Mais M. Gayoom «est président depuis si longtemps qu'il fera tout pour gagner», soupçonne Hussain Omar, commerçant de l'île de Villingili, qui n'ira pas voter.

Le président s'est senti conforté en remportant en août 2007 un référendum au terme duquel les électeurs avaient préféré maintenir le système présidentiel plutôt qu'instaurer un régime parlementaire, comme le voulait l'opposition.

Depuis, l'ancien protectorat britannique est sous tension politique et éclaboussé par le terrorisme fondamentaliste islamique qui meurtrit l'Asie du Sud.

Le président Gayoom a échappé en janvier à une tentative d'assassinat par un assaillant armé d'un couteau.

Douze blessés

Surtout, un attentat le 29 septembre 2007, le premier dans l'histoire des Maldives, a blessé deux Britanniques, deux Japonais et huit Chinois, tous touristes à Malé.

Avec l'aide d'enquêteurs du FBI américain, la justice a condamné à 15 ans de prison trois islamistes qui avaient reconnu avoir fait sauter la bombe et sont soupçonnés d'appartenir à un groupe islamiste lié à des organisations insurrectionnelles extrémistes au Cachemire indien.

Cet attentat inquiète les autorités parce que le tourisme haut de gamme est le moteur de l'économie des Maldives, pays le plus riche d'Asie du Sud avec un revenu par an et par habitant de 2674 dollars.

(ats)

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